Sciences - Santé

Ce n’est ni le premier ni le dernier prix qu’a reçu le neurologue Steven Laureys, couronné, mardi, du prestigieux prix Francqui 2017, dédié cette année aux sciences biologiques et médicales. Pour ses travaux sur le coma et les troubles de la conscience, le professeur de neurologie à l’ULg vient d’être récompensé par la Fondation Francqui, qui remettra officiellement le prix le 13 juin au palais des Académies, à Bruxelles.

Composé d’experts internationaux, le jury a récompensé ce chercheur et médecin "extraordinaire" pour "ses recherches innovantes sur le diagnostic, le pronostic et le traitement des lésions cérébrales et des troubles de la conscience". A la tête du Coma Science Group, un groupe transdisciplinaire reconnu mondialement, le Pr Laureys a aussi été salué pour "ses découvertes qui ont influencé la réflexion sur les aspects éthiques et juridiques du débat sur l’euthanasie et le traitement en phase chronique".

En état végétatif et pourtant conscient

A la fin des années 1990, le chercheur belge avait découvert que 40 % des patients se trouvant dans un coma dit "végétatif" étaient en réalité conscients (parfois à un degré minimal). Cela signifie que si ces personnes sont incapables de répondre elles continuent néanmoins à ressentir des émotions et à souffrir.

Ce n’est pas la seule découverte majeure du chercheur. Avec son équipe, le neurologue a identifié dans le cerveau humain non pas un, mais deux réseaux de conscience : un réseau externe (sur notre environnement) et un interne (sur nous-mêmes). "Un constat fondamental qui a conduit à une meilleure compréhension du réseau neuronal de la conscience, mais aide aussi à mieux prédire les chances de guérison", a souligné la Fondation Francqui, qui décerne depuis 1933 ce prix à un chercheur belge de moins de 50 ans "ayant apporté à la science une contribution importante dont la valeur a augmenté le prestige de la Belgique".