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Mais qu'est-ce qui rend les gens heureux? Comment accéder au bonheur? Et au fond, sur une échelle de 1 à 10, quelle cote de satisfaction les Belges se donnent-ils par rapport à leur vie? Y a-t-il des différences selon que l'on soit homme ou femme? Jeune ou plus mûr? Bruxellois, flamand ou wallon?

C'est à ces questions, entre autres, que répond l'enquête nationale du bonheur, menée par l'UGent à l'initiative de la compagnie d'assurance vie NN. Les premiers résultats de ce sondage mené auprès d'un échantillon représentatif de 1600 Belges ont été présentés, ce jeudi, à quelques jours de la journée mondiale du bonheur célébrée le 20 mars.


Alors, heureux?

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Selon que l'on voie le verre à moitié plein ou à moitié vide, on se réjouira d'apprendre, via cette enquête, que plus d’un Belge sur 3 (35 %) est aujourd’hui très heureux de sa vie (lui attribuant un score d'au moins 8/10), ou, au contraire, on se désolera de lire que plus d’un quart des Belges (28 %) disent ne pas être heureux.

Quoi qu'il en soit, par rapport aux voisins européens, avec une moyenne de 6,55 sur 10, les Belges se classent en-dessous de la moyenne.

Et alors que l'on aurait pu s'attendre à quelques différences selon que l'on vive au nord, au sud ou au centre du pays, les écarts sont quasi inexistants puisque Flamands (6,56/10), Wallons (6,55) et Bruxellois (6,44) s'attribuent des notes relativement semblables et s'estiment donc quasiment tous aussi heureux ...ou malheureux.

De même, hommes et femmes : le score de satisfaction s'avère similaire.


Mammy et Papy, ces bienheureux…

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En revanche, l'âge semble un facteur déterminant. Et là, de tous les Belges, ce sont les plus de 60 et même 70 ans qui respirent le plus le bonheur. Alors que les baby-boomers, ou la génération née après la Deuxième Guerre mondiale, attribuent à leur vie un score de 7,2 sur 10, la génération X, ou les Belges âgés entre 35 et 49 ans, indique un pâle 6,2 sur 10 . De tous les groupes d’âge, elle est d'ailleurs la moins heureuse.

Une explication? Selon la Life Planner Cynthia Ghysels, "l’ancienne génération se montre plus constante dans sa vie. En général, les baby-boomers ont bien épargné. Ils prennent souvent soin de leur santé et ont appris, au fil des années, à relativiser. Les séniors sont plus indulgents et se focalisent sur ce qu’ils veulent vraiment dans la vie. Ce sont là des aspects qui contribuent à une plus grande satisfaction et donc au bonheur".

On peut en déduire qu'a contrario, les plus jeunes veulent tout et tout de suite, ce qui - faute d'y parvenir - leur donne ce sentiment d'insatisfaction, qui ternit leur bonheur.

Les 3 B du bonheur

Besoin d’autonomie (dans quelle mesure peut-on prendre soi-même ses décisions?), besoin d’appartenance sociale et besoin de compétence (dans quelle mesure se sent-on sûr de soi dans les activités quotidiennes?) : les 3 B du bonheur ont également été étudiés dans cette enquête. Que ce soit dans sa vie privée ou professionnelle.

"Une personne qui sait prendre elle-même ses décisions et faire des choix importants se sent plus heureuse, peut-on lire dans l'enquête. De même, une personne qui a une vie sociale passionnante et qui se sent compétente dans la vie ou dans le travail sera plus heureuse. C’est surtout dans la vie privée que les 3 B semblent avoir une grande influence sur le bonheur des Belges. Les chiffres révèlent qu’une augmentation de 1 point sur l’un des 3 B fait fortement grimper le score général du bonheur".

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Et que révèlent les résultats? Une fois encore, ce sont les plus de 60 ans qui réalisent le meilleur score pour les 3 B de leur vie privée, ce qui pourrait aussi expliquer pourquoi ils sont davantage satisfaits de leur vie en comparaison avec les jeunes générations.

"Aujourd’hui, la personne de 60 ans jouit plus souvent qu’auparavant d’une bonne santé tout en ayant une charge mentale familiale généralement moindre, commente la psychologue Sylvie Loumaye . Elle peut se sentir confortablement installée dans un réseau relationnel large, bénéficiant des contacts drainés et engrangés tout au long de sa vie. A l’heure de la pension, elle peut ressentir une "urgence à vivre" et renoncer davantage à ce qui ne lui convient plus au bénéfice d’expériences qui lui permettent de nouvelles connaissances, qui augmenteront encore son sentiment de compétence."

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Qu'on se le dise : l'argent fait le bonheur!

Pour celles et ceux qui en doutaient encore ou qui n'en étaient pas du tout convaincus, il semblerait que, oui, l'argent contribue au bonheur. Du moins jusqu'à un certain point. De l'enquête il ressort en effet que les gens ayant une situation financière stable se sentent - assez logiquement - plus heureux que ceux qui sont moins à l’aise financièrement. Mais cela, seulement jusqu’à un certain niveau : la différence de satisfaction dans la vie entre un ménage disposant d’un revenu net de 2 000 € par mois et un ménage dont le revenu net ne dépasse pas 1 000 € est en moyenne plus importante que la différence entre des ménages avec un revenu net de 4 000 € et de 3000 €. On se souviendra que cette relation avait déjà été mise en avant dans des études étrangères. La voici confirmée pour la Belgique.

"Une vie sans soucis financiers procure stabilité et tranquillité, explique le Pr. Dr. Lieven Annemans. Pourtant si l’on regarde la relation entre le revenu du ménage et la satisfaction générale par rapport à sa vie, on remarque que cette relation s’amenuise. L’argent fait le bonheur quand on en a "peu", mais à partir d’un certain niveau, c’est moins le cas."

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Peut-on se protéger du malheur? Si oui, comment?

L’enquête révèle que les gens qui sont satisfaits de leur situation financière et celles qui se sentent en bonne santé ont respectivement 22% et 18 % de chance en moins d’être malheureux.

Les 3 B du bonheur ont eux aussi une grande influence. Lorsque le niveau d’autonomie est élevé, et avec lui le sentiment d’être maître de ses décisions, on court 26% de risque en moins d’être malheureux. Si le score d’appartenance sociale est bon, le risque d’être malheureux chute de 17%. Quand le score du niveau de besoin de compétence est élevé et que l’on se sent sûr de soi dans la vie, il y a 22% de risque en moins de mener une existence malheureuse.

Voici les 5 principaux points qui font nettement baisser les risques d’être malheureux :

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Vous avez envie d'être acteur de votre bonheur?

Pour aider les Belges à mener une vie plus heureuse, la compagnie d'assurance vie NN lance la plateforme www.belgesheureux.be. Sur le site web qui dressera cette année une carte du bonheur des Belges, on pourra, à l’aide du "Bonheur-O-Mètre", tester dans quelle mesure on est heureux aujourd’hui comparativement aux autres Belges. On y trouvera également des conseils d’"experts du bonheur" pour mener une vie plus heureuse.


Dans les mois prochains aux côtés du "professeur du bonheur"

Cette enquête nationale permettra aux Belges de découvriront au fil des mois à venir ce qui les rend heureux, et comment ils peuvent être (encore) plus heureux. Entre mars 2018 et mars 2019, le Pr. Dr. Lieven Annemans, titulaire de la chaire NN, présentera en effet régulièrement quelques résultats issus de l’enquête. Le "professeur du bonheur" prend toujours comme point de départ les domaines spécifiques de la vie qui définissent le bonheur des Belges comme les relations sociales, l’enseignement, l’éducation ou la santé, entre autres exemples. Au total, 3700 personnes auront participé à cette enquête.