Sciences - Santé L’ONE impute la faute à la "propagande anti-vaccins" et invite les parents à faire vacciner leurs enfants.

Plus de 41.000 cas de rougeole et 37 décès liés à la maladie ont été rapportés en Europe lors du premier semestre de l’année 2018. En six mois, il y a eu plus de cas que durant les deux dernières années réunies (2016 et 2017).

L’Ukraine (23.000 cas), l’Italie, la France, la Serbie, la Grèce, la Russie et la Géorgie sont les pays les plus touchés.

La Belgique n’est pas épargnée. "Depuis début mai jusqu’à ce jour, la cellule de surveillance des maladies infectieuses de l’Aviq (Wallonie, NdlR) a reçu 19 cas confirmés de rougeole", indique Sarah Lefevre, chargée de communication de l’Agence pour une vie de qualité (Aviq).

Actuellement, les chiffres ne sont pas comparables à ceux de l’an dernier, lorsqu’une épidémie de rougeole a frappé notre pays (plus de 70 cas déclarés en février 2017).

Le recul de la vaccination est la cause principale de cette augmentation de cas. "On essaie de conscientiser les professionnels de la santé pour qu’ils proposent le vaccin, mais aussi les parents", explique le Dr Ingrid Morale, directrice médicale à l’ONE. "Ce vaccin RRO est administré aux enfants à partir de 15 mois, à six mois en cas d’épidémie. Dans les milieux d’accueil, des enfants dès deux mois peuvent y être confrontés et ne pourraient pas être vaccinés. C’est un problème de santé publique. Aucun traitement n’existe pour lutter contre cette maladie virale."

La rougeole est une maladie qui peut entraîner de lourdes conséquences. "Un cas sur mille est mortel. Dans un cas sur 500, la personne infectée peut se retrouver aveugle ou souffrir de séquelles neurologiques à vie."

La maladie est très contagieuse. "Elle se caractérise par l’apparition de fièvre suivie d’une éruption sous forme de tâches rouges qui le plus souvent débute au niveau de la tête pour se prolonger sur le tronc", précise l’Aviq. "Les malades présentent aussi un rhume, une conjonctivite ou encore une toux. Ils sont souvent très abattus."

L’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) est inquiet. "Face à cette recrudescence, l’ONE est conforté dans sa position. On demande aux parents de vacciner leurs enfants!" , poursuit le Dr Morales.

Bon nombre de parents, peu convaincus, refusent de l’administrer à leurs enfants. Quelques médecins les suivent dans cette volonté, allant parfois jusqu’à "écrire de fausses attestations et certificats. Malheureusement, nous avons connaissance de certains comportements indésirables de médecins", déplore la directrice médicale de l’ONE. "Dans ces cas-là, ce n’est pas l’ONE qui agit, c’est l’Ordre des médecins qui sanctionne. Nous faisons confiance aux certificats médicaux et les respectons, jusqu’à ce qu’il y ait un problème avéré ou une plainte de parents."