Sciences - Santé

Le collège intermutualiste national avait approuvé en février dernier le projet de la ministre Maggie De Block de répartir 25 millions d'euros entre les mutualités sur la base de leurs efforts fournis pour aider les malades de longue durée à réintégrer le marché du travail, a-t-on appris vendredi auprès de la Mutualité chrétienne, qui soutient donc cette mesure.

Cette précision intervient à la suite d'un article de presse évoquant cette mesure, que le cabinet de la ministre Open Vld a par ailleurs tenu à clarifier: l'incitant entre dans le cadre d'une réforme des frais administratifs des mutualités (1,053 milliard d'euros), dans lesquels sont isolés ces 25 millions destinés à être répartis sur la base des efforts des mutualités pour aider ces malades à retrouver une place sur le marché du travail.

Le projet introduit un nouveau facteur "plus fiable" pour évaluer si un membre a besoin de beaucoup de soins, notamment le maximum à facturer, explique le cabinet De Block. Les 25 millions ne seront plus uniquement répartis sur la base du nombre et du type de membres, mais sur la base des efforts des organismes assureurs, soit 25% proportionnellement au nombre de trajets de réintégration entamés, 50% proportionnellement au nombre de membres qui ont repris le travail avec l'autorisation d'un médecin-conseil et 25% proportionnellement au nombre d'examens cliniques effectués par le médecin conseil (réévaluation ciblée).

Le cabinet De Block justifie ce changement par le fait que le nombre de malades de longue durée augmente et qu'il convient d'aider ces personnes à reprendre le travail. "Les mutualités sont bien placées pour les aider, et nous voulons les encourager à jouer ce rôle du mieux que possible."

Les mutualités ont elles-mêmes approuvé cette mesure en février dernier. Leurs efforts sont d'ailleurs déjà récompensés de manière similaire si elles paient rapidement les patients, récupèrent correctement les indus ou évitent les gaspillages. Le retour au travail des malades de longue durée, une mesure jugée valorisante pour la personne, ne se fait d'ailleurs que dans les meilleures conditions, souvent de manière progressive et encadrée, en tenant compte de l'état de santé du patient et en veillant à valoriser les compétences restantes, souligne-t-on.

Le son de cloche est toutefois différent chez Solidaris. Les Mutualités socialistes dénoncent "une attaque directe" contre leurs organismes. Elles estiment en effet que ce travail de remise en activité est déjà effectué par les mutualités et que leurs organismes seront les seuls à être pénalisés financièrement par ce projet d'arrêté royal.

Le cabinet de la ministre De Block conteste toutefois les arguments des mutualités socialistes. "Le système actuel est dépassé. Il n'est plus efficace pour offrir une correction sociale ou tenir compte de la charge de travail liées aux personnes qui ont une santé plus fragile", réagit-il. "Notre réforme va dans le sens d'une correction sociale claire via le maximum à facturer, qui représente en même temps un indicateur de la charge de travail pour les maladies chroniques ou les personnes dont la santé est fragile. Nous opérons également une correction concernant les personnes âgées car les plus gros problèmes de santé viennent généralement avec l'âge."