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L'imbroglio de la station polaire s'est invité mercredi à la Chambre. Un ancien de l'Antarctique tire la sonnette d'alarme et partage ses souvenirs. Depuis 1965, les expéditions au pôle Sud ont bien changé. Rencontre.

Dans son appartement de la banlieue d’Anvers, Jean-Jacques Derwael a soigneusement conservé, bien plié, un gros manteau en toile bleu, à la capuche bordée de fourrure, ainsi que des moufles taille XXL. C’est dans ces vêtements qu’il a passé des mois en Antarctique. A l’époque, pas de Gore-Tex, de toiles déperlantes, de matières antitranspirantes ou autres tissus techniques. Nous sommes en 1965 et Jean-Jacques Derwael est l’un des occupants de la base Roi Baudouin. Cette station belge, créée en 1958, est l’ancêtre de la station Princesse Elisabeth : trois bâtiments "enterrés" sous les chutes de neige, perdus sur la "Terre de la Reine Maude", au pôle Sud. "On rentrait par une trappe, et quand on l’ouvrait, la neige dégringolait à l’intérieur !", se souvient-il à présent.

Première impression intemporelle

A l’époque, ce géomètre anversois a 26 ans. Ancien scout, randonneur, ayant fait le tour du mont Blanc en solitaire, et travaillant jusque-là au Cern (organisation européenne pour la recherche nucléaire), il avait déposé sa candidature à une expédition belge au pôle Sud, rêvant de marcher sur les traces d’Adrien de Gerlache, celui qui fit voguer le trois mâts "Belgica" entre les icebergs en 1897. Et c’est avec le fils, Gaston de Gerlache, que Jean-Jacques Derwael se retrouvera lorsqu’il sera sélectionné pour partir en Antarctique. Si le voyage, à l’heure actuelle, prend 24 heures d’avion, le géomètre mit… trois semaines pour atteindre la base, en terminant le parcours en bateau.