Sciences - Santé

Allo, bonjour, Fédération francophone des sourds de Belgique (FFSB)". "Bonjour, pourrais-je parler à Madame Marie-Florence Devalet ?". "Cette personne est sourde, mais je vais l’appeler". Moment de perplexité. Et comment fait-on pour communiquer au téléphone avec la chargée de communication de la FFSB qui est malentendante ? "Posez-moi vos questions, reprend la personne qui a décroché, Madame Devalet se trouve en face de moi, je lui répète ce que vous me dites; elle peut lire sur mes lèvres et je vous traduis ses réponses". Et de fait, on entend aussitôt reproduire nos propos, amplement articulés, et dans la foulée, la réponse qui fuse.

Si la communication n’est pas des plus aisées et confortables, elle s’avère néanmoins possible. Et les sourds, comme la plupart des personnes vivant avec un handicap, ont trouvé les moyens pour s’insérer au mieux dans notre société "de la normalité". Mieux encore, en cette journée mondiale des sourds qui se tiendra le 22 septembre prochain, ils ont décidé de faire découvrir toutes les richesses du monde des sourds. (www.ffsb.be) "Les jeunes sourds d’aujourd’hui souhaitent que la société prenne conscience des richesses que véhiculent les sourds, richesses qui peuvent être exploitées dans tous les domaines de la vie", dit-on à la FFSB. Car, à les entendre, certains se disent même fiers de cette différence. Lors de la Journée mondiale, pour se rendre plus visibles, "en tant que porteurs d’une identité culturelle forte", les personnes sourdes et leur entourage défilent ainsi dans les rues, des gants blancs aux mains. Leur façon de "revendiquer la reconnaissance de cette identité par le public et en tant que citoyens".

"L’objectif de cette journée est de faire prendre conscience au grand public que la surdité peut être vue comme quelque chose de positif, un élément de l’identité d’un ou de plusieurs individus qui vont avoir un impact positif sur la société, nous explique Marie-Florence Devalet. Nous avons encore de nombreuses revendications, notamment en matière d’accessibilité, nous manquons encore cruellement d’informations dans tous les aspects de la vie quotidienne mais il y a de très nombreuses personnes sourdes qui vivent leur surdité comme une force pour elles-mêmes. Souvent à partir du moment où la personne sourde ou devenue sourde découvre la communauté sourde, prend conscience qu’il existe une langue des signes, elle fait un pas de plus vers l’affirmation d’elle-même, cela touche à l’identité, à l’individu."

Reste que de nombreuses idées fausses au sujet de cette communauté persistent, comme celles selon laquelle tous les sourds sont également muets. "Bon nombre de sourds parlent, poursuit Marie-Florence Devalet, certains même très bien et d’autres un peu moins bien."

Autre correctif à apporter : "il n’est pas correct non plus de parler de "langage des signes", précise notre interlocutrice. La langue des signes est une vraie langue et nous essayons de la faire reconnaître davantage en tant que telle aux yeux de tous".