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"Stephen Hawking se vantait d'être né le 8 janvier, date de la mort de Galilée. Il est décédé un 14 mars, jour de la naissance d'Albert Einstein", s'amuse Geoffrey Compère, chercheur en physique théorique à l'Université libre de Bruxelles, après l'annonce mercredi matin du décès de l'astrophysicien britannique.

Trois cents ans séparent la mort du physicien italien Galilée et la naissance de Stephen Hawking en 1942, au Royaume-Uni.

Le Britannique a tiré mercredi sa révérence sur un nouveau clin d'œil biographie puisque le 14 mars avait vu naître le père de la théorie de la relativité générale, que Hawking bouleversa dans les années 1970.

L'astrophysicien a durablement marqué le monde scientifique, notamment grâce à son paradoxe de l'information, qui oppose les lois de la mécanique quantique à celles de la relativité générale. "Avec ce paradoxe, il contredit une théorie de la mécanique microscopique qui veut que l'information ne se perd jamais", explique Geoffrey Compère. "Si je reprends une métaphore que Stephen Hawking utilisait pour s'expliquer, c'est comme si l'on jetait l'Encyclopédie Universalis dans un trou noir. Le trou noir s'évapore petit à petit et finit par disparaître avec toute l'information contenue dans l'Encyclopédie."

En effet, "avant Hawking, on pensait que les trous noirs étaient immuables; or, ils s'évaporent", complète le physicien Christophe Ringeval de l'UCL. "Dans le vide, ils émettent des particules élémentaires et finissent par disparaître, comme si l'on laissait un verre d'eau sur un radiateur sans jamais le remplir. La matière, l'eau dans cet exemple, s'évapore jusqu'à la dernière goutte."

"Grâce à ses qualités de vulgarisateur, il a ainsi réussi à transmettre au grand public sa fascination pour la beauté de la physique", conclut M. Compère.

© afp