Sciences - Santé

Bon nombre de produits alimentaires contiennent trop de sucres ajoutés, non seulement les sodas ou les friandises, mais aussi de nombreux produits destinés aux enfants, comme les céréales et les boissons lactées, selon une enquête européenne réalisée par Test-Achats et ses partenaires, présentée mercredi.

Selon l'association de consommateurs, un taux trop élevé de sucres simples provenant de boissons sucrées, snacks et autres bonbons est considéré comme l'une des raisons principales de l'augmentation de l'obésité chez les enfants, sans parler des caries dentaires. La même logique vaut pour les adultes, pour qui l'embonpoint est un facteur de risque pour une série d'autres affections comme le diabète de type II, les troubles vasculaires et cardiaques de même que certains cancers.

Ainsi, un demi-litre de soda peut contenir jusqu'à plus de 8 morceaux (50 grammes) de sucre et un yaourt plus de 2 morceaux (15 grammes). Les eaux aromatisées aux fruits contiennent souvent également des additifs tels que du sucre ou des édulcorants.

Test-Achats souhaite une législation claire en la matière afin d'empêcher l'industrie agroalimentaire d'agir comme elle le souhaite. A titre d'exemple, la France s'est fixée comme objectif de réduire de 25 pc la consommation de sucres ajoutés.

«L'industrie agroalimentaire habitue les enfants au goût sucré dès leur plus jeune âge », regrette Robert Remy, responsable de la politique alimentaire chez Test-Achats. «Pourquoi ne pas diminuer la concentration de sucre dans les produits alimentaires quand elle ne se justifie pas et peut entraîner des problèmes de santé? », se demande-t-il. Et de plaider pour une indication de la teneur en sucre sur l'étiquette du produit, avec la mention des sucres ajoutés (par 100 grammes et par portion). Test-Achats espère que le ministre de la Santé publique, Rudy Demotte, en tiendra compte dans son Plan national de Nutrition.

Le sucre n'est pas le seul problème identifié par Test-Achats au cours de l'année 2005. Les baguettes fraîches ou précuites contiennent souvent un taux de sel plus élevé que celui toléré pour le pain, ce qui peut entraîner à long terme des problèmes de santé. «Environ trois quarts du sel que nous absorbons chaque jour est 'caché' dans les aliments que nous consommons », rappelle l'association de consommateurs.

Parmi les aliments qui ont remporté des points l'an dernier, Test-Achats cite le chocolat belge, qui malgré une législation européenne assouplie, contient exclusivement du beurre de cacao.

La pils en revanche, autre fierté nationale, n'est plus ce qu'elle était: les brasseurs utilisent de moins en moins de matière première sèche. La fraîcheur de la viande d'agneau vendue dans les supermarchés laisse quant à elle à désirer. C'est également le cas du chicon, qui n'est pas toujours frais à l'achat alors qu'il est réputé être un légume «naturel » ne contenant pas de pesticides. Le qualité du miel s'améliore mais celui-ci contient encore parfois une faible concentration de résidus d'antibiotiques. C'est le cas pour 4 échantillons sur les 23 analysés par l'association de consommateurs.

Dans les autres aliments, la présence de substances nocives telles que l'acrylamide (potentiellement cancérigène, dans les chips et les frites), les mycotoxines, les sulfites (agents conservateurs) et autres additifs peu appétissants a été constatée. Enfin, les allégations sur les produits allégés sont toujours d'actualité et les propriétés des acides gras oméga-3 sont surévaluées.

En conclusion, Test-Achats demande donc une législation plus sévère, de meilleurs contrôles et un étiquetage uniformisé en matière d'additifs dans l'alimentation.