Sciences - Santé

Le Syndicat neutre pour Indépendants (SNI) estime qu'une augmentation du prix du tabac renforcera les circuits illégaux, indique-t-il jeudi dans un communiqué, en réaction aux critiques sur la politique belge en la matière. La lutte contre le tabagisme se concentre uniquement sur des mesures qui affectent les détaillants, enchérit la fédération flamande des supermarchés indépendants, Buurtsuper.be. Selon le 5e "Tobacco Control Scale", présenté jeudi lors de la Conférence européenne sur le tabac et la santé, la Belgique est en régression et ne se classe qu'à la treizième place en matière de lutte contre le tabac. Les experts - dont la Fondation contre le cancer - pointent principalement le faible prix du tabac à rouler.

Selon le SNI, une hausse de prix ouvrira la porte aux circuits illégaux. "La Grande-Bretagne et l'Irlande ont reçu une bonne note car le prix du tabac est très élevé. Ce que ces experts semblent oublier, c'est que dans ces deux pays, il existe un très grand marché parallèle", commente le syndicat, qui réclame davantage d'investissement dans la prévention, "comme en Islande où 1% des revenus du tabac" y est consacré.

Buurtsuper.be estime également qu'il y a un manque de prévention.

"Chaque hausse de prix, l'interdiction de la publicité et les avertissements sanitaires, que la Belgique a introduits bien avant d'autres pays européens, ont entraîné une augmentation des importations illégales en provenance des pays de l'ancien bloc de l'Est", ajoute l'organisation. Le circuit parallèle croît chaque année en Belgique et les cigarettes de contrefaçon contiennent parfois deux fois plus de goudron, selon Buurtsuper.be.

"La politique anti-tabac doit être équilibrée, conséquente et tenir compte des entrepreneurs indépendants qui investissent dans le tabac, un produit légal jusqu'à nouvel ordre", conclut-on.

Onkelinx face aux arguments économiques de partenaires

La ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx (PS) avait souhaité aller plus loin dans sa politique anti-tabac mais elle a dû faire face aux arguments "économiques" mis en avant par des partenaires de la majorité, a-t-elle expliqué en séance plénière de la Chambre jeudi. La ministre aurait souhaité une interdiction de la publicité dans les magasins, l'interdiction de la vente aux mineurs et des prix plus élevés pour le tabac à rouler mais un consensus n'a pu être scellé au sein du gouvernement. Mme Onkelinx était interrogée par les députés Franco Seminara (PS) et Valérie Warzée-Caverenne (MR) à propos de la mauvaise position de la Belgique dans le classement des pays qui luttent le mieux contre le tabac. La ministre a rappelé jeudi les décisions prises par le gouvernement en matière de lutte anti-tabac, ajoutant que de nouvelles mesures viendraient s'ajouter.

"Mais j'ai parfois été confrontée, dans le cadre de dialogues difficiles, aux prises de position de ceux qui mettaient en avant des arguments économiques", a-t-elle dit sans citer ses partenaires à l'origine de l'obstruction. La Belgique ne se classe qu'à la 13e place du classement européen de la lutte contre le tabac, selon le 5e "Tobacco Control Scale" présenté jeudi lors de la Conférence européenne sur le tabac et la santé. Les experts pointent principalement le faible prix du tabac.