Sciences - Santé Comment donc nos concitoyens se portent-ils? Ou plus exactement se sentent-ils, dans leur corps et dans leur tête? C'est ce qu'a voulu savoir la mutualité Solidaris qui, pour la troisième année consécutive, a pris le pouls de notre société.

Aujourd'hui, un Belge sur deux dit vraiment craindre de faire un jour un burn out et la même proportion estime ne pas manger équilibré. Les inquiétudes autour des inégalités sociales augmentent.

Pour ce nouveau baromètre "Confiance et santé", l'Institut Solidaris a interrogé en septembre 2017, par téléphone (30 à 40 minutes) et via Internet, 1057 francophones. En voici les principaux résultats.

Premier enseignement, peu réjouissant: bien que modeste, la baisse de l'indice de bien-être est une réalité: de 56,3 % en 2016, il est passé à 54,5 % l'an dernier. Pour Solidaris, une des explications possibles peut être trouvée du côté des soins de santé. Bien que les trois quarts des Belges francophones jugent notre système de santé d'excellente qualité, 66 % craignent pour la qualité des soins qu'ils estiment aujourd'hui menacée, essentiellement pour des questions budgétaires. Environ 60 % des répondants trouvent que les inégalités dans l'accès aux soins sont vraiment importantes dans notre pays.

Alors qu'en 2016, 72,1 % se plaignaient d'un temps d'attente trop long chez les spécialistes, ils étaient 77,4 % dans ce cas d'après le dernier sondage. Pour ce qui est du temps d'attente pour une admission à l'hôpital, les mécontents ont bondi de 45,8 % en 2016 à 58 % l'année suivante.

Plus d'une personne sur trois avoue somnoler voire s'endormir au travail

Quant à craindre le burn out, ils sont aujourd'hui 49,1 % contre près de 41 % en 2015. Et d'ailleurs, question épuisement, plus de 37 % des répondants ont avoué en 2017 qu'il leur arrivait de s'endormir ou de somnoler sur le lieu de travail ou d'études (ou ailleurs pendant la journée) à cause d'un manque de sommeil. Autre aveu: plus d'une personne sur trois (35,4 %) reconnaît être trop addict à Internet.

Question alimentation, le bulletin n'est guère fameux. On constate comme un relâchement puisque, en 2015, seule une personne sur deux (50,4 %) estime manger vraiment équilibré, contre 62,6 % deux ans auparavant. Cela dit, selon le niveau d'études, primaire ou universitaire, on observe un écart très important. De même, qu'entre les hommes et les femmes, plus nombreuses à estimer manger équilibré. Autre résultat interpellant, 65,8 % des répondants se disent inquiets de ne pas exactement connaître la qualité des aliments qu'ils consomment. Et s'ils se nourrissent mal, c'est par manque de moyens financiers, avance plus d'un quart de la population interrogée (27,4 %).

Ce qui nous amène à évoquer le sujet des inégalités, qui ne font que se renforcer. Alors que 10 % des personnes interrogées semblent toucher au comble du bien-être, avec un indice qui grimpe parfois jusqu'à 86,7 %, on trouve à l'autre extrême une même proportion de personnes plongées dans un réel mal-être. "Concernant les inégalités hommes/femmes, en 2017, elles s’aggravent, souligne Solidaris. Ainsi, si l’on se focalise uniquement sur l’indice bien-être, l’écart entre les hommes (57,8) et les femmes (51,7) a quasiment doublé en 3 ans. Un constat alarmant !"

Plutôt épanouis dans leur vie sexuelle

Et côté cœur? Les résultats s'avèrent assez encourageants: 63 % se sentent épanouis dans leur vie sexuelle, 69 % se disent très satisfaits de leur vie amoureuse et ils sont encore plus nombreux (78 %) à se sentir vraiment reconnus par leur partenaire. Quant à l'amitié, près des trois quarts des sondés (72 %) affirment avoir de vrais amis sur lesquels ils peuvent compter. Et donc pas que sur Facebook…

Au travail aussi, la situation semble plutôt positive puisqu'une minorité (23 %) se plaint de l'ambiance et alors qu'une majorité (71,2 %) éprouve un sentiment de reconnaissance. Réjouissons-nous donc de constater que les relations humaines se portent plutôt bien.

Sont-ils plutôt optimistes ou pessimistes quant à leur avenir personnel? Carrément très optimistes pour près d'un répondant sur deux (49,9 %, contre 56,9 % en 2015). Quant à s'autoévaluer sur leur parcours de vie, s'ils sont aussi moins nombreux qu'il y a deux ans (70,3 %), ils restent quand même 65,5 % à estimer avoir, jusqu'ici, réussi leur vie.

Il n'en reste pas moins que 30,8 % disent avoir été touchés par une dépression légère au cours des deux dernières années; 16 % par une dépression modérée; 5,7 % par une dépression modérément sévère et 2,6 % par une dépression sévère.

© LLB