Un gilet pare-balles en soie d'araignées, possible?

Stéphanie Carion Publié le - Mis à jour le

Sciences - Santé

Ces petites bêtes souvent noires à huit pattes en dégoûtent plus d'un, effrayent même la plupart du temps. Mais leur utilité n'est plus à démontrer. Outre le fait qu'elles nous débarrassent des insectes nuisibles, elles produisent le plus solide de tous les fils confectionnés par des organismes vivants. Léger et flexible, il est plus résistant que le Kevlar, matière première du gilet pare-balles.

Domestiquer les araignées?

La défense et la police rêveraient de gilets pare-balles plus légers et résistants fabriqués avec ces fils, mais la réalité est plus complexe. Si les vers à soie sont depuis longtemps domestiqués par l'homme, les araignées s'entredévorent lorsqu'elles sont éloignées de leur territoire. Dans les années 60', l'armée américaine a déjà tenté l'expérience pour protéger ses troupes lors de la Guerre du Vietnam. Ce fût un échec. Mais les recherches ont déjà permis d'identifier plusieurs fils différents. Plus tard, avec les avancées technologiques, le gène responsable de la production de soie d'araignées a été isolé.

En petite quantité, il est déjà possible d'exploiter les vertus de ces fils. Par exemple, un professeur de médecine à l'université japonaise de Nara est parvenu à fabriquer des cordes pour violon en soie d'araignées. Il a appris à apprivoiser 300 Nephila maculata (spécimens géants capables de tisser des toiles de 10 à 12 cm²). Résultat: des cordes entièrement naturelles et plus résistantes que du nylon.

Reproduire la soie d'araignées?

Si le biomimétisme est une source d'innovation incroyable et durable, il se heurte encore à des barrières. Quel rêve ce serait de pouvoir nous inspirer de la nature sans épuiser toutes ses ressources... Mais certains phénomènes naturels sont encore très difficiles à reproduire par l'Homme. C'est le cas du fil de soie fabriqué par l'araignée. Les chercheurs n'ont jamais réussi à restituer cette matière en quantités industrielles.

Des similitudes ont toutefois pu être observées entre les glandes séricigènes des araignées et les glandes mammaires des chèvres. Chez Nexia, les scientifiques ont réussi à produire de grandes quantités de soie comparable à celle de l'araignée via le lait de cet ovin. Le procédé est appelé « Biosteel ». Mais le fil obtenu n'est pas aussi solide que celui généré par l'araignée elle-même.

Les recherches butent donc toujours. La concurrence dans le domaine reste féroce et les secrets sont bien gardés.

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