Sciences - Santé L’école n’est pas un “havre sanctuarisé” selon les jeunes, rapporte une enquête de l’ULB.


Les résultats de l’enquête nous ont étonnés. L’image de havre sanctuarisé de l’école est clairement remis en cause par les élèves”, commente Katia Castetbon, directrice du Service d’Information Promotion Education Santé (Sipes) de l’Ecole de Santé publique de l’Université libre de Bruxelles. Tous les quatre ans, le Sipes mène une vaste enquête sur les “Comportements, bien-être et santé des jeunes” auprès de 14 000 enfants et adolescents scolarisés depuis la 5e primaire à la fin du secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le baromètre publié mardi dont les données datent de 2014 révèle un niveau de bonheur relativement généralisé, 85  % des jeunes se déclarent satisfaits de leur vie, mais des chiffres négatifs ternissent ce résultat. Le stress lié au travail scolaire touche près d’un élève sur deux dans la filière générale en secondaire. “On observe une augmentation marquante du stress entre 2010 et 2014, remarque Katia Castetbon. Le problème est qu’il n’y a pas que le stress lié au travail scolaire mais aussi les déclarations des élèves vis-à-vis de l’ambiance à l’école ou dans les relations avec les professeurs et les camarades de classe qui ne sont pas décrites comme favorables. 45  % des élèves perçoivent leurs relations avec les autres élèves comme négatives.”

L’équipe d’épidémiologistes signale dans le rapport final qu’une corrélation peut se faire entre l’indice d’attachement de l’enfant avec ses professeurs, ses camarades et son école, et le stress. La perception négative au niveau affectif peut donc entraîner de l’anxiété.

© IPM

Les filles sont plus stressées que les garçons

Filles et garçons ne sont pas égaux face au stress. En 6e secondaire, 62,7  % des filles sont victimes de stress lié au travail scolaire contre 33,3  % des garçons. “Cette différence s’observe aussi à l’âge adulte, explique la directrice du Sites. Elles ont globalement un comportement plus favorable à la santé pour l’alimentation par exemple avec moins d’alcool ou moins de tabac, mais en secondaire elles sont plus stressées que les garçons. C’est une période de changements très importants, il est possible qu’une grande partie des filles y soient particulièrement sensibles.”

Autre facteur : le stress grandissant au fur et à mesure du parcours scolaire. “Il s’agit probablement de la pression de la réussite. Les enjeux sont plus importants surtout s’il y a des difficultés économiques dans l’environnement.”

Entre 2010 et 2014, les élèves se sont déclarés bien plus stressés par le travail scolaire en 2014 qu’en 2010. Plusieurs hypothèses permettraient d’expliquer cette nette augmentation. D’après Katia Castetbon, il est possible que la génération testée en 2014 ait grandi avec la pression croissante liée à la crise de 2008. “Cette crise a eu un important impact sur le ressenti des personnes face à l’avenir. Pour la génération de 2014, il faut réussir à l’école.”