78 nouvelles arrestations

AP Publié le - Mis à jour le

La junte birmane a annoncé dimanche 78 nouvelles arrestations, poursuivant la répression contre les militants pro-démocrates malgré les protestations et sanctions internationales. Ces dernières interpellations, rapportées par le quotidien officiel "Nouvelle lumière du Myanmar", portent à près d'un millier le nombre d'arrestations admises par le régime. Le journal, porte-parole de la junte, cite les enquêteurs selon lesquels 78 personnes supplémentaires qui "étaient impliquées dans la protestation" étaient interrogées.

Ces arrestations s'ajoutent à 2.093 interpellations précédentes, selon le quotidien, qui affirme que 1.215 personnes avaient été relâchées samedi. D'après le journal, 135 moines bouddhistes, en tête des manifestations réprimées la semaine dernière par les forces birmanes, restent en détention. Les autorités ont arrêté 533 moines bouddhistes pour les interroger et "différencier les vrais moines des faux", explique "La Nouvelle lumière du Myanmar" et 398 d'entre eux "ont été renvoyés dans leurs monastères respectifs". Les chiffres fournis par la junte restent bien inférieurs à ceux avancés par les organisations de dissidents birmans et les gouvernements étrangers qui estiment que plus de 6.000 personnes ont été arrêtées après les manifestations du mois dernier, les plus importantes depuis le soulèvement pro-démocrate de 1988.

Après plusieurs jours de manifestations quotidiennes pacifiques, conduites par les bonzes, les soldats birmans ont ouvert le feu sur la foule les 26 et 27 septembre, écrasant la contestation. Le gouvernement a fait état de 10 morts, dont un journaliste japonais, mais dissidents ou sources diplomatiques redoutent que plusieurs centaines de personnes n'aient été tuées.

Pendant ce temps, la machine de propagande de la junte tourne apparemment à plein régime. "La Nouvelle lumière du Myanmar" (le nom officiel donné à la Birmanie par la junte) faisait état dimanche de manifestations massives dans le pays supposées soutenir le gouvernement. Le journal affirme que les manifestants voulaient dénoncer les récentes protestations "fomentées" par quelques moines et des membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi, toujours assignée à résidence. La junte est fortement soupçonnée d'orchestrer de tels rassemblements, chaque famille étant forcée d'envoyer une ou deux personnes aux manifestations.

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