Amnesty appelle l'Onu à décréter un embargo sur les armes

Belga Publié le - Mis à jour le

"Les Etats, en particulier la Chine, l'Inde et les Etats de l'ASEAN (Association des nations d'Asie du Sud-Est, ndlr) en plus de la Russie, de la Serbie et de l'Ukraine, doivent cesser sur-le-champ l'implication de leurs agences, de leurs sociétés et de leurs ressortissants dans la livraison directe ou indirecte à la Birmanie de tout équipement militaire, de police ou de sécurité", enjoint Amnesty dans un communiqué.

"Depuis le 25 septembre 2007, les forces de sécurité de Birmanie ont effectué des rafles contre les monastères, faisant usage de gaz lacrymogènes, de matraques et de tirs de sommation afin de disperser des manifestants. Elles ont tiré sur des manifestants en fuite et des journalistes", ajoute l'organisation. La Chine est "la principale source de l'armement pour les forces de sécurité birmanes, suivie de l'Inde, de la Serbie, de la Russie, de l'Ukraine et d'autres pays", précise Amnesty.

Disant croire que le bilan "dépasse largement les neuf morts que les autorités birmanes ont confirmé", Amnesty évalue à "au moins mille personnes, dont des bonzes et d'autres personnalités publiques" le nombre de personnes interpellées dans Rangoun, la principale ville du pays.

"Le risque est grand que l'armée et les forces de sécurité poursuivent les arrestations et réagissent par une escalade de la violence à toute nouvelle manifestation par ceux qui appellent à des réformes démocratiques", craint Amnesty.

La Chine fournit la Birmanie en armes depuis 1988, selon Amnesty. En 2002, Pékin a déclaré à l'Onu la livraison de 3.200 armes à feu à la Birmanie et, entre 1997 et 2004, des livraisons de pièces détachées et équipements pour 1,1 million de dollars.

Quant à l'Inde, son ministre des Affaires étrangères, Pranab Mukherjee, avait en janvier 2007 promis une "réponse favorable" à la demande du gouvernement birman en vue d'équipement militaire. En avril, des opérations ont été menées conjointement entre les forces de sécurité birmanes et indiennes à la frontière entre les deux pays "afin de neutraliser des groupes rebelles", selon Amnesty.

L'Union européenne et les Etats-Unis ont décrété un embargo sur les armes à destination de la Birmanie en 1988 et 1993 respectivement. Bruxelles a renforcé son embargo en 1996, soulignant "l'absence de progrès vers la démocratisation". La mesure a été renouvelée en 2002 et 2006.

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