Je l’ai bien apprivoisée, cette maladie qui s’est lentement insinuée en moi, discrète compagne que je ne peux jamais négliger. Elle ne me veut peut-être pas tant de mal, mais simplement éparpiller loin de moi toutes les petites misères dérisoires, m’accorder une plus grande fermeté d’âme Elle est en moi aussi, pressante". De légères bouffées étourdissantes, chaudes et familières m’enveloppent un instant. Grandes respirations lentes. Je me souris, un peu timide devant le miroir. Ce crâne si lisse Une brise fraîche s’engouffre par la fenêtre, la vie est partout, brève mais insistante, intense, insouciante.

Le ton est donné, résolument optimiste mais lucide, battant, mais non révolté, serein, empreint de poésie mais à la fois très réaliste. Beaucoup est dit dans ce passage, extrait de "Agir et accueillir"(1). On l’aura compris, l’auteur, Martine Rouhart est atteinte d’un cancer. "C’est un long voyage que l’on m’a fait entreprendre malgré moi, un voyage plus ou moins long, plus ou moins tourmenté qui réclame son lot d’efforts", écrit cette juriste de 53 ans, native de Mons.

En ce mois de sensibilisation au cancer du sein, cette femme, passionnée de littérature, de philosophie et de musique, a voulu apporter un message d’espoir à tous ses "compagnons d’infortune" dans un livre court (83 pages), mais dense, où chaque phrase incite à la réflexion.

Agir et accueillir, Martine Rouhart, Ed. Thélès, 12,90 €