Le Parquet fédéral a indiqué vendredi soir lors d'une conférence de presse que cinq personnes ont été interpellées dans le dossier des attentats à Paris. Parmi eux: Salah Abdeslam.

Résumé des faits à 22h

- Salah Abdeslam, suspect clé des attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris, a été blessé à une jambe lors de l'opération policière à Molenbeek au cours de laquelle il a été interpellé vendredi. Il a été transféré à l'hôpital Saint-Pierre, à Bruxelles, pour y être soigné

- Lors de cette opération, quatre autres personnes ont été arrêtées. Parmi eux, un certain Amine Choukri et trois membres de la famille qui hébergeait les terroristes présumés rue des Quatre Vents à Molenbeek.

- Trois perquisitions ont été menées au total. Une à Jette et deux à Molenbeek. Seule celle opérée à Molenbeek, rue des Quatre Vents, s'est révélée positive.

- François Hollande a indiqué qu'une demande d'extradition de Salah Abdeslam sera adressée à la Belgique.


Le parquet fédéral confirme l'arrestation de Salah Abdeslam et Amine Choukri

Le parquet fédéral a confirmé vendredi soir vers 21H30 la capture de Salah Abdeslam et d'Amine Choukri, ainsi que l'arrestation de 3 membres d'une famille qui logeait Salah Abdeslam à Molenbeek. A la demande du juge d'instruction spécialisé en matière de terrorisme requis par le parquet fédéral à la suite des attentats de Paris, trois perquisitions ont été menées vendredi vers 16H30, deux à Molenbeek-Saint-Jean, rue Quatre-Vents et rue de la Savonnerie, et la troisième à Jette, Mail du Topweg. Ces deux dernières se sont révélées négatives. Les opérations de sécurisation des lieux perquisitionnés se sont terminées à 20H30. Les perquisitions et les constations techniques et scientifiques de la police sont en cours.

Salah Abdeslam a été intercepté vers 16H40 lors de la perquisition menée rue des Quatre-Vents. Il a été légèrement blessé à une jambe et emmené à l'hôpital pour y être soigné. Le soit-disant Monir Ahmed Alaaj, alias Amine Choukri, a également été appréhendé à la même adresse. Légèrement blessé; il a également été emmené à l'hôpital.

Trois autres personnes ont encore été privées de liberté, à savoir Abid A., Sihane A. et Djemila M., toutes membres d'une même famille qui hébergeait Salah Adeslam.

Amine Choukri a été contrôlé en compagnie de Salah Abdeslam à Ulm en Allemagne le 3 octobre dernier. Pendant ce contrôle, les empreintes de Choukri avaient été relevées. Elles ont été ultérieurement prélevées dans la maison utilisée par la cellulle terroriste à Auvelais. Un faux passeport syrien au nom de Monir Ahmed Alaaj et une fausse carte d'identité belge au nom d'Amine Choukri ont été retrouvés lors de l'intervention policière à la rue de Dries à Forest. Au même endroit, des armes et des munitions ont également été trouvés. Aucune trace d'explosif n'a été découverte.


Michel et Hollande se félicitent de l'arrestation d'Abdeslam

Le Premier ministre Charles Michel et le président français François Hollande se sont réjoui vendredi soir, lors d'une déclaration au 16 rue de la Loi, de l'arrestation de Salah Abdeslam et se sont félicités de la bonne coopération entre les deux pays, au niveau policier, judiciaire et du renseignement. M. Hollande a nié qu'il y ait eu la moindre tension après les événements de Paris même si certaines déclarations sur les attentats préparés et organisés en Belgique avaient pu le laisser penser. "Il n'y a pas eu de tension" hormis celle "du drame et de la tragédie", a dit le président de la République. "La coopération entre la France et la Belgique depuis les attentats, et même avant, a toujours été intense et a fait la preuve de son efficacité", a-t-il dit, précisant avoir à coeur de la "poursuivre et même de l'amplifier". "Nous sommes liés et solidaires", a-t-il ajouté.

M. Hollande a remercié le Premier ministre belge Charles Michel et l'ensemble du gouvernement, ainsi que les services d'enquête.

Le Premier ministre et le président étaient flanqués des principaux représentants des autorités judiciaires, policières et du renseignement belges.

La déclaration avait débuté de façon très solennelle quand Charles Michel a confirmé l'arrestation de l'homme le plus recherché d'Europe, en compagnie de deux autres suspects. "Nous avons arrêté Salah Abdeslam", a-t-il dit d'emblée avant de remercier les services de renseignement et de sécurité belges, ainsi que les magistrats en charge de l'enquête. "C'est un travail intense, minutieux, professionnel qui a été réalisé".

Le premier ministre a rappelé la centaine de perquisitions qui ont eu lieu depuis les attentats de Paris en novembre, et notamment celle de Forest mardi, ainsi que les 58 interpellations.

Très rapidement, les autorités judiciaires françaises devraient adresser une demande d'extradition à la justice belge. "Et je sais que les autorités belges y répondront très vite et le plus favorablement possible", a affirmé le président français. Cette arrestation permettra à ses yeux "de connaître toute la vérité et que la justice puisse se passer".

Si cette arrestation marque une étape importante, celle-ci n'est pas la dernière. "Il y a déjà eu des arrestations et il y en aura d'autres", a-t-il dit en évoquant un "réseau très large". Tant que ses protagonistes n'auront pas été mis hors d'état de nuire, "notre combat ne sera pas terminé".

Le premier ministre belge a abondé dans le même sens. "La bataille contre le terrorisme, pour la liberté, ne s'arrête pas ce soir, même si nous pouvons constater une victoire".

L'opération qui a mené à l'arrestation de Salah Abdeslam a été menée entièrement par les unités spéciales de la police belge qui ont été informées dans la journée de la mission qu'elles devraient remplir. Elle a permis de capturer les trois suspects vivants et constitue un succès pour les services belges qui ont parfois l'objet de critiques tant à l'étranger qu'en Belgique. Les dirigeants de la police, de la Surêté de l'Etat et du parquet fédéral, Catherine De Bolle, Jaak Raes et Frédéric Van Leeuw, entouraient d'ailleurs les responsables politiques.


Périmètre levé à Molenbeek

A Molenbeek-Saint-Jean, les équipes de police pliaient bagage vers 20h45 vendredi soir après l'importante opération policière. qui a permis l'interpellation de Salah Abdeslam. Le périmètre de sécurité est levé, mis à part autour de la maison perquisitionnée, rue des Quatre-Vents. Plusieurs combis de policiers ont quitté les lieux, tout comme l'hélicoptère de la police fédérale. Le périmètre de sécurité est fortement raccourci et n'entoure plus que la maison perquisitionnée, permettant à des riverains de regagner leur quartier.


Un Conseil de défense "dès demain matin"

Le président François Hollande a annoncé vendredi qu'il réunirait samedi matin à l'Elysée un Conseil de défense, promettant de "continuer et poursuivre" la lutte contre les réseaux jihadistes après l'arrestation à Bruxelles de Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats de Paris.

"Notre combat ne sera pas terminé et dès demain matin, compte tenu des informations qui m'ont été communiquées, je réunirai le Conseil de defense", composé des ministres chargés de la sécurité et les principaux responsables sécuritaires français, a déclaré M. Hollande à Bruxelles lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre belge Charles Michel.


Comment Abdeslam a-t-il été retrouvé ?

D'après la RTBF, les deux fuyards de l'appartement de Forest auraient été localisés par la police. Ils ont contacté par téléphone un individu surveillé depuis plusieurs mois par les autorités en leur donnant rendez-vous au 79, rue des Quatre Vents à Molenbeek. Les individus étaient donc localisés depuis plusieurs heures. L'opération aurait du avoir lieu demain (samedi) matin ou après-midi. Mais les fuites dans la presse de cet après-midi ont poussé les forces spéciales à intervenir aujourd'hui. L'opération a finalement commencé vers 16h40.

La bourgmestre Françoise Schepmans indique qu'un périmètre de sécurité a été établi. Il ne sera pas levé dans l'immédiat.

Le déclenchement d'un plan d'urgence est en question et sera décidé en fonction de l'évolution de la situation. "Je conseille aux riverains de garder leur calme, car la situation est prise en main par les polices locale et fédérale", a déclaré la bourgmestre. "Le suivi pour les enfants est assuré par la commune".

Cette grosse opération policière est organisée suite à la découverte d'empreintes digitales appartenant au présumé terroriste le plus recherché d’Europe, Salah Abdeslam, dans l'appartement de Forest perquisitionné ce mardi.

Ses empreintes digitales ont également été découvertes sur un verre. Ces informations ont été confirmées par le parquet fédéral.

Pas une première

L’homme est recherché pour sa participation aux attentats de Paris du 13 novembre est donc passé dans cet appartement de Forest. Dans l'intérêt de l'enquête, le parquet ne souhaite donner aucune autre information. "On confirme que les empreintes de Salah Abdeslam ont été trouvées dans l'appartement de Forest" , a déclaré le porte-parole du parquet fédéral, Eric Van Der Sypt, qui s'est refusé à tout autre commentaire: "L’enquête se poursuit activement, de jour comme de nuit, et il n’est pas possible de donner davantage de précisions actuellement afin de ne pas nuire à l’enquête."

Lors d'une perquisition menée le 10 décembre dernier, des empreintes d'Abdeslam avaient déjà été retrouvées dans un appartement de la rue Henri Bergé, à Schaerbeek.


Le complice d'Abdeslam tué mardi

Le parquet fédéral confirme que "les devoirs d’enquête actuellement effectués à la suite de la perquisition menée le 15 mars rue du Dries à Forest ont permis de déterminer que le soi-disant Samir BOUZID, signalé à rechercher, serait plus que vraisemblablement Mohamed BELKAID, né le 9 juillet 1980, de nationalité algérienne. L’intéressé a été neutralisé par les unités spéciales lors de l’intervention du 15 mars".

Le communiqué du parquet fédéral rappelle que "la fausse carte d’identité au nom de Samir BOUZID a été utilisée quatre jours après les attentats de Paris, le 17 novembre vers 18h, dans une agence Western Union en Région bruxelloise. C’est de là qu’une somme de 750 euros avait été transférée à Hasna AIT BOULAHCEN, la cousine d’Abdelhamid ABAAOUD. Tous les deux décèderont peu après lors de l’assaut à Saint-Denis".