Aung San Suu Kyi "très optimiste" sur les chances de réconciliation

AP Publié le - Mis à jour le

Un fragile espoir renaît en Birmanie. La cheffe de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi s'est déclarée vendredi "très optimiste" quant aux chances de réconciliation politique entre la junte militaire et les forces pro-démocratiques, à l'issue de sa première rencontre depuis 2004 avec des membres de la direction de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

A l'issue de cet entretien, qui a duré une heure, le porte-parole de la LND Nyan Win a expliqué que Mme Suu Kyi avait le sentiment que la junte militaire avait aujourd'hui la volonté de parvenir à une réconciliation nationale. Elle avait l'air "en forme, et pleine d'énergie, comme avant. Elle a plein d'idées", a-t-il expliqué après avoir rencontré le prix Nobel de la paix dans une résidence du gouvernement.

Leur rencontre, dont le public et la presse avaient été écartés, a été autorisée par la junte dans la foulée d'une visite de six jours de l'envoyé spécial de l'ONU Ibrahim Gambari, qui avait pour mission de rétablir le dialogue entre la junte au pouvoir et Aung San Suu Kyi.

Selon Nyan Win, Mme Suu Kyi pense que les autorités militaires birmanes ont désormais la volonté de réaliser la réconciliation, d'autant que, comme elle l'a affirmé aux trois membres de son parti, la répression des manifestations de septembre a été "dévastatrice pour la LND, le gouvernement et le peuple". "Elle a estimé qu'un processus de guérison comme la libération des prisonniers est essentiel", a encore rapporté Nyan Win.

La Birmanie comptait plus de 1.100 prisonniers politique avant la répression, mais il est difficile d'estimer leur nombre aujourd'hui. Des milliers de personnes ont été arrêtées depuis la fin septembre, bien que le gouvernement prétende en avoir libéré la majorité.

Aung San Suu Kyi s'était auparavant entretenu avec Aung Kyi, ministre chargé par la junte de nouer des relations avec le prix Nobel de la paix le mois dernier, après les sévères critiques internationale contre la junte.

Présageant qu'elle resterait assignée à résidence dans un avenir proche, elle a indiqué à ses collègues qu'elle demanderait à bénéficier de deux agents de liaison de son choix, pour l'aider à communiquer avec eux. Elle demandera également à Aung Kyi de prendre des mesures pour qu'elle puisse rencontrer les autres dirigeants de son parti quand c'est nécessaire.

Aung San Suu Kyi a été placée en résidence surveillée pendant douze ans depuis 1989, et en permanence depuis mai 2003. Le gouvernement a annoncé jeudi soir que le prix Nobel pourrait rencontrer Ibrahim Gambari. Il a pu voir Aung San Suu Kyi pendant une heure, avant de quitter la Birmanie. Il a ensuite gagné Singapour d'où il a lu le communiqué de la dirigeante de la LND, dans lequel elle déclare: "dans l'intérêt de la nation, je me tiens prête à coopérer avec le gouvernement afin de faire de ce processus de dialogue un succès".

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