Femmes

Pas des potiches

Et nous les femmes ! Etes-vous également de ceux qui nous considèrent comme de simples "potiches" (c’est effectivement la mode au cinéma ), cher Père Delhez ? Dans votre article de La Libre Belgique de ce mardi 16 novembre, vous proposez que des hommes entre 40 et 50 ans soient élus comme prêtres par la communauté. Etant l’heureuse épouse depuis plus de 20 ans d’un conjoint âgé de 47 ans, je me suis sentie particulièrement visée par vos propos ! Nous sommes dans une tranche d’âge où nos maris sont au sommet de leur vie professionnelle, où nos enfants sont très prenants (ils découvrent le monde mais n’ont pas encore pris leur envol) et où nos parents vieillissent Est-il raisonnable et charitable d’envisager un changement de carrière radical à cet âge, sans consultation préalable du conjoint et des enfants, avec une disponibilité quasi illimitée (c’est le rôle du prêtre) et des revenus minimaux ? Le mot "élection" évoque quelque chose de rapide et d’inopiné. Or, il existe une possibilité d’ordination diaconale pour les hommes mariés dans l’Eglise. Celle-ci est alors le fruit d’un long discernement spirituel, conjugal et familial. La disponibilité requise est tout autre.

C’est vrai que le point de vue féminin est pratiquement absent des débats sur l’Eglise catholique actuellement Etant fatiguées et accaparées par leurs tâches et l’éducation des enfants, les femmes sont devenues la majorité silencieuse ! En tant que catholique mariée, mon cœur de mère (de cinq enfants qui me comblent !) se désole des divisions de l’Eglise, étalées au grand jour dans les médias : quel avenir préparons-nous pour nos jeunes ? Voici quelques humbles souhaits, très féminins : - qu’au lieu d’exprimer nos opinions divergentes, nous consacrions ce temps et cette énergie à prier pour l’unité de l’Eglise, la sainteté de ses membres et tous nos frères persécutés pour leur Foi dans tant de parties du monde; - que Monseigneur Léonard, notre "Bon Pasteur", qui a une véritable intelligence de l’esprit et du cœur (cf sa grande sensibilité et sa grande empathie), soit soutenu et secondé comme il se doit et qu’il trouve pour "porter sa parole" un couple rayonnant de Foi et d’Amour, heureux et reconnaissant de vivre la théologie du corps du Pape Jean-Paul II. Le contexte est devenu tellement difficile et hostile pour "porter la parole de l’Eglise" qu’il me semble en effet indispensable d’être deux pour cela et d’inclure la sensibilité féminine et la force masculine; - que le véritable message de l’Eglise sur le corps, la sexualité et la paternité responsable soit plus répandu et diffusé. En tant que moniteurs de la méthode de régulation naturelle des naissances "Billings", mon mari et moi sommes confrontés à tant de femmes qui souffrent profondément. Souvent sans souci éthique particulier, elles viennent nous trouver en couple ou seules, parce qu’elles ne supportent plus la pilule et se sentent transformées en objets de consommation. Elles aspirent à autre chose, à un autre type de régulation des naissances, plus de respect et d’épanouissement conjugal. Déjà merci de plus prendre en compte la vision féminine dans la "reconstruction" bien nécessaire de notre Eglise belge.Oriane de Hemptinne

Le combat des femmes

Cette semaine, journée des femmes battues. Je m’étrangle toujours en prenant connaissance de certaines statistiques. 4 femmes sur 10 subiraient la violence physique ou le harcèlement psychologique. L’horreur au quotidien c’est le sort de femmes soumises, endurant la violence gratuite, le mépris de machos "paranoïaques". La jalousie modérée par exemple est une preuve d’amour. Mais lorsque l’épouse est étouffée, privée de liberté la jalousie est un symptôme de la paranoïa. Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. C’est bien connu. C’est un beau mystère lorsque des êtres différents traversent les années, aimants, fidèles. Une femme méprisée par son époux ou compagnon doit se révolter au plus vite. Les témoins du non-amour doivent dénoncer les faits graves. Une femmes battue est une morte en puissance. Je vous conseille la lecture de "Un coquelicot en hiver Pourquoi pas ?"de Betty Batoul. Témoignage poignant d’une écrivaine étonnante. A présent elle va plus loin. Son ambition est d’aider les femmes qui veulent se reconstruire après une séparation brutale, nécessaire. J’ai assisté à la conférence de l’auteure lorsque l’Echevin de la culture de sa Ville lui a remis le prix du mérite culturel. Heureuse, libre, elle est la voix des femmes sans voix. Elle parle avec beaucoup de charisme de sa victoire après des années de souffrance.

Une femme qui a fait cette expérience doit se dire que tous les hommes ne sont pas des crétins, des abrutis, des machistes. Notre société est trop masculinisée à tous les niveaux, dans le boulot, dans la politique et malheureusement dans certaines familles. Pourtant, l’épouse est l’âme du Foyer apportant la richesse de sa féminité, de son humanisme naturel. Les hommes sont souvent auto-suffisants et transmettent à leurs fils des comportements faussés de mâles dominants, arrogants. Comme dit Betty Batoul il faut regarder l’autre dans les yeux, ne pas voir sa couleur de peau, ses appartenances religieuses ou politiques. Seule l’âme est pareille chez les Humains doués d’amour.Jean-Pierre Bodart JAMBES