Explosive. Voilà qui résume l’entrée en matière de la scène Pierre Rapsat samedi soir. Orféo et son ska-reggae-pop-rock a mis le feu aux poudres. D’entrée de jeu. Sur scène, les six camarades savent y faire pour remuer un public quelque peu mou en ce tout début de soirée. Trompette, saxophone, trombone, les cuivres résonnent chaudement et la sauce prend. Difficile, parfois, de saisir au vil les paroles mitraillées à tout vent, mais leur énergie balaye littéralement la place. Pour mettre en condition, on ne peut faire mieux. Virage musical à 180 degrés ensuite, avec la chorale Scala et son hommage à Pierre Rapsat tout en nostalgie, en émotion. Les 80 chanteuses flamandes ont revisité son répertoire dans des arrangements musicaux parfois étonnants, voire osés (notamment des touches électro), mais souffrant dans l’ensemble d’une certaine platitude On aurait aussi aimé que les frères Kolacny apportent une mise en scène un peu plus dynamique. Le show fut toutefois propre, professionnel, bien balancé. Retenons l’instant magique lors du morceau "Les rêves sont en nous". Une vague de frissons a parcouru la place de part en part. L’ami Pierrot était vraiment là.

Mais celui qui était dans toutes les têtes des festivaliers, c’était bien Patrick Bruel, de retour dans la Perle des Ardennes avec sa formule "Seul ou presque". Echarpe autour du cou, baskets blanches, jeans et polo noir. Patrick fait dans la simplicité, à l’image de son concert, épuré. A 22h30, quelques cordes grattées suffiront à provoquer l’hystérie collective. Logique Il aime en jouer (en abuser ?). "Quel accueil ! J’avais hâte de vous retrouver (effervescence dans le public). Hé!, calmez-vous les filles " Si les trois premiers morceaux acoustiques laissent présager un concert (trop) calme, le chanteur de ces dames montre rapidement qu’il a bien l’intention de faire remuer. L’énergie démarre en flèche avec "Alors Regarde". Jonglant entre piano et guitare, l’artiste livre ses grands classiques, revisités avec brio (splendide "Combien de mur ?"), et propose dans la foulée quelques belles perles de son nouveau répertoire ("Lâche-toi", "L’appart"). Son seul compagnon de scène, le guitariste Romy Chelminski, apporte ici et là les touches d’énergie attendues. Toujours aussi bavard, Patrick aime échanger avec le public, lui confier ses états d’âme, des petits bouts de vie, l’histoire de ses morceaux. Il aime faire rire aussi. Et se lâcher à quelques imprévus cocasses, comme ce moment où il brandit bien haut une vachette aux couleurs belges, ou ces quelques pas de danse improvisés. Il s’éclate à Spa, c’est sûr Le public le suit les yeux fermés. Et c’est sur "Mon Amant de Saint-Jean" que Patrick Bruel annonce le début de la fin. Un final en beauté puisqu’il invite chaque festivalier à trouver sa ou son "damoisel(le)" pour entamer une valse géante. "Transformons cette magnifique place en un immense bal populaire", lance-t-il, tandis que les couples se forment et virevoltent Cette scène inédite restera sans nul doute dans toutes les mémoires.