11 mars 1957 : Je suis née sur la table de la cuisine, rue du Cimetière, à Mont-sur-Marchienne. Notre chien adoré, qui avait pour nom Tout Petit, était juste en dessous à m’attendre pour me faire la fête. Dix jours plus tard, nous emménagions dans une magnifique cité : la cité de la Grande Chenevière à Marcinelle, un jardin devant, un jardin derrière, trois chambres, une salle de bain, salon, salle à manger, cuisine, caves, caves à charbon, mansardes, grenier, bref un palace.

29 janvier 2011 : Grâce à cet "autoportrait", je peux souhaiter à chaque lecteur de ces lignes, une belle et bonne journée, inscrite dans l’éternité de "l’instant présent".

8 août 1988 : Je jouais Hélène, dans "Les Troyennes d’Euripide", mise en scène par le regretté Thierry Salmon, sur le site des ruines de Gibellina, un village de Sicile entre Trapani et Palerme, sinistré vingt ans plus tôt par un tremblement de terre. Ce jour-là, j’ai reçu une lettre de mon amie Suzy Falk, grande comédienne belge. En haut de la feuille, à gauche, elle avait écrit la date : Bruxelles le 8-8-88 et entre parenthèses : "Regarde, ma chérie, tous ces 8 qui s’enchaînent, n’est-ce pas étrange ?" Et Suzy compte aujourd’hui 88 printemps ! Félicitations ma Souzoute bien-aimée (c’est comme ça que je l’appelle depuis 1975, année de notre rencontre).

1er mai 1886 : Instauration de la journée des 8 heures.

5 août 1992 : Je me promène, avec mon premier bébé qui n’a pas trois mois. Sur la devanture des magasins de la commune d’Ixelles, est affiché le portrait d’une jolie petite fille. Je m’approche, je déchiffre, c’est un avis de disparition, il a la taille d’une carte postale, et c’est un coup de poignard : "Disparition de la petite Loubna Benaïssa, elle était sortie seule pour la première fois de sa vie, acheter un yaourt ".

17 août 1996 : Je suis dans les Ardennes chez des amis : grande étendue d’herbe, fleurs, tables, chaises longues, barbecue. On rit, on boit, on danse, nous sommes nombreux, de tous les âges, et tout le monde nourrit, cajole prend soin des plus petits : nos enfants. C’est un beau week-end du 15 août. La radio bourdonne, on n’y fait pas attention, il y a un flash d’information : on a trouvé Julie et Mélissa Tout s’arrête, c’est soudain la fin de l’été, l’herbe est toujours verte, mais il n’y a plus de son.