Situé non loin de la rue principale de Jumet (chaussée de Fleurus), parfaitement visible de tous, le château Mondron montre encore ce que fut la gloire d'une certaine société bourgeoise et industrielle du XIXe siècle.

A ce titre, il est devenu une vraie rareté, tant ces édifices, jadis nombreux, ont été vandalisés par le mépris. Avec ses dépendances, le château Mondron, aux Hamendes, est totalement érigé en briques et animé de nombreux décors d'esprit Renaissance en pierre bleue, sans oublier de fort belles ferronneries.

Décor complexe Posé sur un haut soubassement de moellons de calcaire, il monte sur deux niveaux inégaux, surmonté par une bâtière très raide couverte de différents types d'ardoises métalliques (zinc). Le château, construit en 1881 (un cartouche en fait foi), était originairement de plan massé. Mais il fut augmenté d'une église de cinq travées accolées à la façade arrière à laquelle on accède par le hall d'entrée. Celle-ci fut entamée le 4 août 1930 et consacrée le 10 septembre 1931 pour être érigée par la même occasion en église paroissiale par l'évêque de Tournay, venu sur place. La demeure en sa face sud s'étire sur sept travées (chacune étant isolée par un léger ressaut). Les trois centrales sont placées en nette avancée, précédées par le perron. L'avant-corps est caractérisé par un ensemble de quatre pilastres devenant des colonnes cannelées au second niveau. Les baies centrales sont toutes en plein cintre. Les colonnes semblent soutenir une puissante lucarne animée de deux baies accolées et limitées par une paire de colonnes. La lucarne est agrémentée de deux volutes ajourées et sculptées, ornées d'une tête de dragon, qui enserrent un disque au chiffre ML. La lucarne est aussi sommée d'un arc brisé aux arcs décorés de belettes puis d'un entablement et enfin d'un petit fronton triangulaire.

Tour carréeAux angles, on trouve vers l'ouest une puissante tour carrée et à pans coupés, en encorbellement. La toiture un peu lourde de nos jours était jadis fleurie de hautes ferronneries faîtières qui allégeaient ses formes. L'arête nord-est est caractérisée par une intéressante échauguette circulaire, très bien ornée et terminée par un niveau en encorbellement couvert en poivrière. A plusieurs reprises, on trouve des chiffres ML (Mondron-Lambert) ou M (Mondron). Contrairement à ce que l'on dit souvent, le château Mondron n'a jamais été incendié par les grévistes de 1886 qui s'en sont pris au château d'Eugène Baudoux, situé jadis à 800 mètres d'ici.

Réussite industrielleCette grande maison est donc le fruit de la réussite de pieux maîtres verriers. Les Lambert héritiers directs des Colnet (voir Villers-sur-Lesse), les Mondron (carriers d'Arquenne devenus verriers), mais aussi les Casimir-Lambert, dont la firme unifiée à celle de Paul Hayez à Aniche (à 11 km de Denain) devint "Les Verreries de l'Ancre Réunies", illustrent la naissance de ce segment florissant proche de la Sambre. Valentin Lambert (1810-1886) réceptionna sa nouvelle maison en 1881. Erik Mondron nous signale que Valentin Lambert avait épousé Aline Lalieux (1809-1860). Ils étaient les beaux-parents de Léon Mondron (1838-1912) qui avait convolé avec leur fille Valentine (1830-1929). Valentine hérita du château puis y décéda et demanda une messe perpétuelle en sa mémoire. D'une chapelle, ses héritiers firent une église. Le domaine, qui appartient depuis les années cinquante à l'évêché de Tournay, a été laissé en bail emphytéotique à l'ASBL "Saint Lambert-Château Mondron", qui en profitera jusque 2034, nous précise Fabian Pacifici, son ancien président.

La fabrique d'église entretient les édifices tenus avec ardeur par l'abbé Rémy. On y organise diverses cérémonies et autres fêtes, mais l'avenir de ce château, devenu exceptionnel, est incertain. Des travaux lourds doivent être envisagés. La nouvelle mairie de Charleroi sera-t-elle plus accueillante ?

Les deux volumes (cartonnés et sous coffret) sur les Mondron sont achetables en versant 85 € au compte 210.0762832.76