Chebaïki, un autre monde

Bernard Ghislain Publié le - Mis à jour le

A l’heure où les vedettes de Saint-Guidon seront aux soins et prépareront déjà avec beaucoup de professionnalisme leur rencontre de ce soir, la majorité des joueurs hennuyers seront plus simplement au boulot.

Il en sera ainsi pour Hocine Chebaïki, le milieu de terrain des "Pierrots", qui, après avoir quitté son domicile de Cuesmes dès potron-minet, déposera Mhadi (12 ans), Hania (10 ans), Zyian (5 ans) et Maryam (4 ans) à l’école avant de se rendre au turbin dans les bâtiments de la Province où depuis 98, il est employé en qualité de menuisier.

A midi il fera le chemin inverse, donnera la becquée en compagnie de son épouse à sa petite tribu avant de retourner au travail et de gagner le Tivoli deux petites heures avant la rencontre.

Hocine est sans aucun doute la figure la plus emblématique du club local. Fils de l’immigration algérienne, il est parvenu à s’intégrer parfaitement à sa terre d’accueil tout en conservant un attachement fort à ses origines. C’est un musulman convaincu. Même s’il avoue avec franchise commettre quelques entorses aux enseignements de l’Islam lors de troisièmes mi-temps plutôt festives, il essaie d’observer, scrupuleusement, les 5 piliers dont la période du ramadan au point qu’ayant rompu dernièrement le jeûne les jours de matches, il l’avait repris pour quelques heures lors de notre rencontre.

Sur le terrain, l’ancien Montois est aussi l’un des patrons profitant de sa maîtrise technique pour mener la manœuvre. Malgré le poids de ses 33 printemps, le milieu de terrain reste un domaine où il excelle, y affichant une détermination exemplaire pour ses jeunes équipiers.

L’œil pétille imperceptiblement lorsque l’on évoque le match de ce soir et pas un instant, on ne croit qu’il se contentera de la version lissée : "Match de gala et véritable récompense pour nos jeunes."

Hocine est un vrai guerrier qui ne tombera ce soir que les armes à la main d’autant que dans ses parages, un certain Mbark Boussoufa devrait tenter de virevolter. Il n’en faut pas plus pour motiver notre homme : "Et puis, au cas où je ne m’en sortirais pas, mon vocabulaire arabe reste bon et chatoyant et j’essaierai de l’énerver", s’esclaffe-t-il.

Tout comme Stilmant (Olympic, Tubize, Ostende) ou Kalulika (Gand, GB, Brussels, St-Trond), Hocine possède de l’expérience : "Avec Mons, nous avions fait à l’époque trembler le Standard qui ne nous élimina que par le plus petit score. Dès lors convainquons-nous que nous avons très peu de chances de nous qualifier, mais que s’il n’en existe qu’une seule, il faut se vider les tripes pour la saisir et surtout n’avoir aucun regret."

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