Ce week-end, les amoureux de la danse pouvaient encore voir, vendredi et samedi au Singel à Anvers, «Palermo, Palermo» de Pina Bausch. Un spectacle devenu un classique du «Tanztheater», créé en 1992 et rejoué ici par les mêmes fabuleux danseurs mélangés à de tous nouveaux interprètes (on retrouve ainsi, côte à côte, Dominique Mercy, compagnon de route de Pina Bausch depuis ses débuts, et sa fille Thusnelda Mercy). Comme toujours, il y est question des relations hommes-femmes, de l'amour sans cesse recherché, sans cesse impossible, de la tendresse, de la musique. Beaucoup de sketches, quelques rares morceaux de danse collective, magnifiques, et toujours cette manière si prenante de toucher les sentiments par des petits riens. Certes, la pièce a parfois un peu vieilli. On y voit moins de danse que dans les dernières créations de Pina Bausch, mais quel plaisir de revoir cette compagnie célébrissime qui reviendra en février pour un «Sacre du printemps» à ne pas rater au Cirque royal.

Pendant ce temps, se poursuivait, à Bruxelles, le festival Bellone Brigittines qui propose de nombreuses créations aventureuses et étonnantes. Comme ce spectacle très improbable qui réunissait, dimanche et lundi, un groupe de danseuses islandaises et le groupe musical slovène «maska». On connaît de l'Islande, outre Björk, la danseuse Erna Omarsdottir, merveilleuse interprète de Jan Fabre (on se souvient de la scène où des mouches sortent de sa bouche, ou bien lorsqu'elle tient une motte de beurre dans sa bouche) et de Larbi Cherkaoui dans «Foi». Elle a conçu et chorégraphié ce spectacle «We are all Marlène Dietrich» avec Emil Hrvatin. On y parle des rapports de l'art et de la guerre avec une frénésie parfois fatiguante et brouillonne, mais aussi avec des morceaux de profonde intensité, magnifiés par ces danseuses islandaises généreuses et un peu allumées.

© La Libre Belgique 2005