ALORS QUE LA FOIRE DU LIVRE ÉTEIGNAIT SES DERNIERS FEUX, le dramaturge, romancier, nouvelliste, poète Yvon Givert éteignait la lampe qui avait tant brûlé à l'intérieur de lui depuis sa venue au monde, le 26 avril 1926. Une cinquantaine d'oeuvres, dont une bonne moitié constituée de pièces de théâtre et de dramatiques, ont notamment fait le bonheur des auditeurs de France Culture et de la RTBF, voire, en télévision, de la RTB et de la Westdcutscher Runfunk. Mais Yvon Givert avait également hanté les planches. «La Grande Pétoire» avait été montée au Théâtre du Dragon à Colfontaine, «La Perruche» au Théâtre de l'Alternative à Charleroi, «Le Crocodile» à l'Etuve à Liège, «Adieu Leokadia» au Rideau de Bruxelles.

La poésie (une quinzaine de recueils) était, chez lui, la première rivale du théâtre. Le poète du «Crieur de midi», du «Voyage immobile» ou d'«Oiseau ma langue en cage», n'aimait guère parler de lui, sinon pour se tourner en dérision. «A part le fait que j'ai été atteint de paralysie fruste dès la naissance, et que j'ai occupé pendant 40 ans le poste prestigieux de rédacteur dans une administration publique, je ne vois rien de particulièrement saillant à épingler dans ma biographie.» Il avait cependant été reconnu par plusieurs prix d'importance: le Charles Plisnier en 1963 et 1977, le René Lyr en 1976, le Herman Closson de la SACD en 1983, le Félix Denayer, de l'Académie, en 1988.

Ses nouvelles et romans complétaient une vision de la vie où seul l'humain a vraie valeur d'existence. Un dernier manuscrit, «Un colis en souffrance» (roman policier), attendait, ces jours-ci, de trouver éditeur.

© La Libre Belgique 2005