Quel point commun entre Claude Lelouch, Olivier Assays, Patrice Chéreau, Bruno Dumont et le "réalisateur de l’absurde" Jean-Jacques Rousseau ? La passion du cinéma et Frédéric Sojcher. Sous sa direction, les premiers (et quelques autres) sont à l’honneur de La direction d’acteur - Carnation, incarnation. Qu’on apprécie ou non ses réalisateurs, leurs propos et réflexions sur leur rapport avec les acteurs sont passionnants et instructifs. En dépit de démarches et méthodes toutes différentes, ils rappellent que la direction d’acteurs se poursuit jusqu’à la table de montage - instrument du pouvoir régalien du réalisateur - ou évoquent les effets pervers des coproductions avec les télévisions.On finit par parler du cinéma tout entier, et de ce "désir" indicible qui anime chacun d es intervenants.

Désir qui va de pair avec la pugnacité, deux caractéristiques du réalisateur en action, que partage avec les précités Jean-Jacques Rousseau. Tel un Hitchcock réincarné en Facteur Cheval, ce Carolo a construit une oeuvre, constituée de 39 films dont 4 longs métrages (le plus cher a couté 100000 euros, le plus fauché 250 ), abordant tous les genres, avec une prédilection pour le fantastique. Jean-Jacques Rousseau pourrait ressembler à un canular belge . Mais ses films sont aussi authentiques que son nom. Il fallait bien qu’un jour, on se penchât sur sa filmographie. Les amis de JJR l’ont entrepris et Frédéric Sojcher est venu mettre en forme l’ouvrage Jean-Jacques Rousseau, cinéaste de l’absurde, où se mêlent portrait, analyses et entretien avec le réalisateur masqué. Dans un abécédaire, JJR confirme qu’il parle aussi bien de cinéma que n’importe quel pro, témoigne de son amour à ses acteurs, rend hommage à son ami Albert Staes (qui parcourait la Wallonie à vélo "pour apporter la bonne nouvelle du Cinéma 16") et se fait convaincant quand il affirme : "Si j’avais eu les moyens de Spielberg, j’aurais fait mieux. S’il avait eu mes moyens, jamais il n’aurait fait du cinéma."

"La direction d’acteur - Carnation, incarnation", collectif, sous la direction de Frédéric Sojcher, éd. du Rocher, 312 p., 16 € "Jean-Jacques Rousseau, cinéaste de l’absurde", collectif, sous la direction de Frédéric Sojcher, éd. Archimbaud Klincksleck, 240 p., 17 €