Des soldats en boîte, de Kaboul à Hong Kong

Par Philippe Paquet Publié le - Mis à jour le

Qu’ont en commun les soldats belges commis à la protection de l’aéroport de Kaboul et leurs collègues chinois déployés dans l’ancienne colonie britannique de Hong Kong ? Ils ne voient rien du monde qui les entoure.

Les volontaires de l’armée belge envoyés en Afghanistan sous la bannière de l’Otan y sont naturellement exposés à des attaques terroristes. Or, depuis la tragédie nationale causée par l’assassinat de nos paras au Rwanda en 1994, les autorités ne veulent plus prendre le moindre risque. Les hommes restent donc confinés pendant six mois ou plus dans l’enceinte de l’aéroport. De sortie dans la capitale afghane, il ne saurait être question, et d’escapade dans le reste du pays, moins encore.

Même régime pour le contingent que l’Armée populaire de libération maintient à Hong Kong depuis la restitution du territoire à la Chine en 1997. Aucun de ces 6000 soldats triés sur le volet ne court a priori le danger de sauter sur une mine ou d’être pris en joue par un sniper. Mais, explique le quotidien "South China Morning Post" qui a exceptionnellement mené l’enquête dans leurs casernes, ils pourraient, en revanche, être contaminés par le mode de vie capitaliste toujours pratiqué dans l’ancienne colonie en vertu du principe "un pays, deux systèmes" inventé par Deng Xiaoping. Voilà qui, aux yeux du Parti communiste chinois, est bien plus grave.

Aussi, confie le commandant Shi Liqing au journal, "nous ne sommes pas autorisés à sortir durant les jours de repos ou les congés. Mais nous encourageons nos hommes à se livrer à des passe-temps sains", à savoir les jeux de cartes, les échecs et le karaoké.

L’armée chinoise est, au sein du peuple, comme un poisson dans l’eau, avait coutume de dire Mao. A Hong Kong, le poisson a un petit côté surgelé.

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