Il y a la CGSP de Bruxelles qui va à la mer du Nord pour organiser un congrès (LLB 27/07). Et, à un autre niveau, l’Agence européenne de l’environnement (AEE) s’offre des formations aux Caraïbes, dénonçait lundi le site EUobserver. Selon le journal en ligne, Jacqueline McGlade, chef de l’AEE depuis 2003, a dépensé quelque 30 000 euros de fonds publics pour envoyer son personnel à des formations basées sur des projets de biodiversité, dans les Caraïbes et en Méditerranée. "C’est bien moins que ce que dépensent normalement les institutions et organisations scientifiques et techniques pour les formations de leurs professionnels", a répliqué Iben Stanhardt, la porte-parole de l’agence. "En 2010, nous avons effectivement organisé des formations sur les espèces marines à risque de l’Atlantique et de la Méditerranée dans les stations de recherche. Mais les membres du personnel ont payé leurs frais de déplacement. Et les fonds, issus du budget de l’AEE attribué à la formation, ont couvert les frais de nourriture et le logement, soit 1100 euros par personne pour dix jours", explique-t-elle.

Tout aussi interpellant, Jacqueline McGlade était, jusqu’à l’an dernier, membre du conseil consultatif de l’ONG EarthWatch, qui gère ces formations. La responsable de l’AEE en a démissionné en 2011 après les mises en garde de la Cour européenne des comptes, qui y voyait "un risque potentiel de conflit d’intérêts". Mais "la commission parlementaire a retiré ses remarques au sujet d’un conflit d’intérêts spécifique", assure Iben Stanhardt.

L’Agence européenne de l’environnement est également critiquée pour avoir doté la façade de son siège, basé à Copenhague, d’un mur végétal, pour quelque 300 000 euros. "L’argent consacré au projet de ‘façade vivante’ provenait, comme prévu, des budgets consacrés à la communication et aux installations", explique Iben Stanhardt. "La ‘façade vivante’ a été réalisée dans le cadre de l’Année internationale de la biodiversité", soutenue par la Ville de Copenhague, assure la porte-parole de l’agence. "Plus d’un demi-million de personnes ont vu le bâtiment en direct, et en ligne. Ce projet est un moyen extrêmement efficace et innovant d’ouvrir les questions environnementales à un nouveau public. Et le coût total de la façade verte à l’agence était très modeste par rapport à d’autres projets du même type", a défendu Iben Stanhardt.