Gorgé de nouveaux talents rock en Communauté française, la Boutik rock lâchait quelques bonnes surprises la semaine dernière. Cafeneon, Pablo Andres, KomaH et Lionel Solveigh ont ainsi illuminé trois des quatre soirées du festival. Du mercredi, on retiendra ainsi la voix suave et faussement naïve d’Auryn à l’Orangerie. Teintées de violoncelle et de glockenspiel, ses compositions entre Lonely Drifter Karen et Hooverphonic enchantent le public.

Diamétralement opposé au parisianisme bruxellois pincé et précieux d’Auryn, Scylla éclabousse. Le propos est parfois très manichéen, mais l’approche du phrasé toujours bien amenée entre slam et rap. Fils spirituels de Daniel Darc, Gainsbourg et New Order, Cafénéon se résumerait à de la banale électro pop francophone si leur son ne s’émaillait d’envolées psychédéliques aux frontières post-rock. La claque de la soirée. Dommage que la voix fragile de la chanteuse ne se distingue pas dans cette fulgurante épopée emmenant un ex de Flexa Lyndo. Tendu comme Maximo Park, Le Baron5 éclate ensuite sur la scène de l’Orangerie. Une bonne surprise avec un claviériste, central au trio, qui martèle ses touches. L’enfant de Jarvis Cocker et d’un membre des Hives.

Passées les exagérations du chanteur des Guilty Brothers Experience et les belles ambiances occitanes du rock marseillais (pas belge ?) de Sam Karpienia, Alpha 2.1 poursuit les débats du vendredi à l’Orangerie. Ravageuses dans l’âme, leurs bonnes intentions pop electro dansantes ne se concrétisent pas. Comme si Vive la fête, en version masculine, manquait ses climax. Des rumeurs de copier coller des Libertines émanent ensuite de la Rotonde. Malgré leur jeune âge, les Vagabonds mélangent rock et folk sans se fatiguer. Avec des passages blues déjantés du meilleur effet.

Accompagné d’une basse, d’un piano, d’une batterie et d’une chanteuse soul, Pablo Andres décline enfin avec grande classe son hip-hop en version Latino, pour ensuite laisser la place aux Elvis Black Stars en fermeture d’une soirée, loin d’être inoubliable.

Solveigh, séducteur timide

Réveillant le public de sa paralysie samedi soir, le metal de KomaH claque. Avec un chanteur prêt à en découdre. Ménageant les oreilles du public après cette excellente démonstration de force brute, Lionel Solveigh joue au grand séducteur timide et folk.

Calmement, à la manière d’un Neil Young, le songwriter égraine ses compositions. Et se la joue homme-orchestre grâce à un échantillonneur où il jette tous azimuts xylophone racloir et autres maracas pour des boucles sonores enivrantes. Toujours douces, ses différentes couleurs vocales enchantent l’assistance. D’autant qu’il ne manque pas de lui lâcher des histoires alambiquées et bricolées, comme sa musique. Un moment de grâce à retenir.

Entre les Rapture et Radio 4, on notera enfin la belle énergie de Nestor ! pour oublier les Bikinians et leur rock bien balancé, mais déjà entendu du côté des Libertines ou des Arctic Monkeys. Papa Dada, vainqueur du dernier Concourt Circuit amène le public vers la sortie du festival avec des compositions rock parfois jazzy et piano bar. Malgré quelques passages ronflants, le gentil trio anglophone livre de belles envolées au piano. Le public tape du pied.

Enfin, les extraterrestres de Ufo Goes Ufa ferment pour de bon le rideau de la Boutik. Le tout sur fond de chanteur cyber punk fiévreux et de batteuse féline pour un rock garage à tendance psycho billy déjanté. Boutik, plus éclectique que jamais.