D' après Louis Pironet, auteur des "Résidences spadoises", le château de "Nivezé-Farm" fait partie de ces constructions redevables du style Tudor en vogue au XVI e siècle. Le choix britannique s'explique sans doute par les accointances entre le monde lainier verviétois et les industriels anglais qui se faisaient certes concurrence, mais vivaient dans la même sphère économique et qui tissaient entre eux des relations d'affaires.

Ferme modèleLe château fut construit vers 1854 ou 1865, selon les sources, par Adolphe Simonis qui s'était d'abord fait construire une ferme modèle. De ce temps-là, la cour était fermée. Maintenant, la cour est totalement ouverte sur la rue du Château et les diverses ailes ont été partiellement vendues, notamment sur le versant nord. En 1896, Paul Peltzer (1859-1920) acheta les bâtiments aux héritiers d'Alphonse Simonis.

Il poursuivit l'activité agricole et y installa une école pour les futurs fermiers à partir de 1907. Lors de la Grande Guerre, ces édifices servirent de bureaux à l'empereur d'Allemagne et de mess pour les officiers supérieurs. En 1920, on les utilisa comme bureaux lors de la Conférence diplomatique de Spa. Jusqu'en 1954, le bien resta dans la famille Peltzer. Le dernier en date fut André Peltzer. Pendant deux ans, de 1954 à 1956, le domaine servit à des particuliers inconnus de nous avant d'entrer par achat, en 1956, dans le patrimoine du chevalier (Jacques) Huyttens de Terbecq, né à Maillen et marié à Marie-Anne Wilsens. Jacques était le fils de Robert et de Juliette de Donnea. Il était aussi le frère de Marguerite Huyttens de Terbecq (1906-1957) qui avait épousé Charles Simonis, fils d'André. Ensuite, nous signale Arlette Clesse, assistante à la direction du Ceran, en 1974, la partie château fut acquise par Monique et René Bastin. Ils en firent un centre d'études des langues (le Ceran II). En 2005, le château a été vendu à ses actuels propriétaires.Immeuble diviséLe château, construit totalement en briques, s'épanouit sur 1595 mètres carrés quand même. Un pavillon longitudinal large de deux travées répond à celui orienté au sud. Ces deux édifices, jadis reliés, sont animés chacun d'une tour circulaire à peine engagée servant sans doute d'escaliers.

Les encorbellements, décorés d'arcatures en frise crénelée inversée, soutiennent une toiture octogonale à forte cambrure (soutenue par les coyaux). Les beaux pignons montant sur deux niveaux sont pourvus d'éléments en pierre bleue, tandis que le centre est ouvert par un losange posé en pointe. Les toitures sont en bâtière.

Au nord, l'aile perpendiculaire à la route était à usage de communs. Ce sont des appartements privés. Sans doute y trouvait-on les écuries et les garages.

Au sud, se trouve la résidence proprement dite du châtelain. Elle se distingue par sa massivité, sa largeur, des baies à croisées, et deux travées non axiales sommées d'un pignon plat, en fort ressaut. Le pignon est précédé d'un perron couvert par une toiture en bâtière que soutiennent trois piliers reliés par deux arcs en anses de panier. La toiture est en pavillon à coyaux. Sur le parc d'un hectare et demi, la façade s'organise presque en un U. Les deux ailes latérales non égales et en ressaut sont larges de deux et trois travées.

Au centre, on compte quatre travées. A l'ouest, se trouve un immeuble hôtelier récent. Sur la cour, dans l'aile centrale, se trouve encore la conciergerie datant de 1865. Les bâtiments ont été vendus par acte, signé le 15 novembre 2005 devant les notaires Alain Corne et Etienne Philippart, à la firme "AB2", société de gestion de patrimoine dont le directeur est Jean-Pol Bollette. L'asbl "Ensemble" est aujourd'hui responsable d'animer les bâtiments. On ne visite pas. Les bâtiments se voient parfaitement de la rue.