Il y allait de Falnuée comme du donjon de Villeret posté à 2 km d'ici et qui est à plaire, voire aussi de Corroy (qui repassera en vente une dernière fois en septembre prochain) quand le découpage des frontières imposait des postes de garde.

La stratégie d'aujourd'hui en usage à Falnuée est de savoir comment contourner un bunker et attaquer un green, car Falnuée grâce à la famille Jottrand et quelques coopérateurs est devenu depuis moins de 20 ans un golf. Si on se bat encore à Falnuée, c'est contre soi-même et c'est moins dangereux pour les murs.

Au sommet de la vallée, Mielmont en attente d'un avenir radieux domine de sa splendeur de briques et de pierres bleues un paysage fortement encaissé. Stanislas Bormans a publié en 1875 le nom des possesseurs du lieu. Il signale que le 31 mars 1344 le fief de Fanuez fut relevé par Henris de Fanuees qu'il avait acquis à Mlle Alit de Bovech. C'est là une des plus anciennes mentions du lieu. Puis le 14 juillet 1437 on apprend qu'Ysabeau de Pottes transporta sa terre de Fanuwez à Ghis de Barbenchon, sire de Donstienne et de Vileumont. Le 4 novembre 1504 Jaspar de Ville, sire d'Avain près de Ath reprit Falnuée. Il dut y avoir des conflits car en décembre 1505, Jehan de Namur sire de Trivière releva Falnuée du chef de sa femme, Marguerite de Barbenchon, dite d'Ostenne. Les Namur détenaient ce lieu encore à la fin du XVIe siècle. Mais il passa à une date inconnue aux Hannoy puis par héritage aux Bourlers des vicomtes d'Ahérée, en mars 1603. Les Namur réapparurent en 1632 suivis par leur parent Jacques de Baudrenghien. Le jeu des cousinages continua avec un retour des Bourlers en 1645.

AldegondeEn 1652 arriva par vente Agnès de Davre, comtesse de Willerval et de Sainte Aldegonde. Les vendeurs étaient François de Bourlers et J. Chauveau. Le 27 mai 1679, au nom de sa femme née Sainte Aldegonde, le marquis de Brissy releva Falnuée. En octobre 1713, Bormans signale que Philippe de Francquen grand bibliothécaire du roi d'Espagne releva Falnuée par cession de sa mère, Agnès Badot, qui faisait ainsi opérer une saisie sur le comte de Sainte-Aldegonde-Noircarme. Mais dès 1716, Francquen vendit ses droits au baron de Roose de Leeuw. Le bien passa encore aux mains des Pellissonier puis des Meldeman en 1736, pour revenir aux comtes de Coloma en 1752, alliés aux Roose. Par le jeu des mariages encore, Falnuée aboutit aux comtes de Beauffort au XIXe siècle, et au siècle passé, ce sont les comtes d'Irrumberry de Salaberry qui eurent la main. En mai 1987, les membres de cette ultime famille dont la mère était une Beauffort vendirent le territoire et les bâtiments aux Jottrand.

Pierre bleueQuand on vient de Mazy par le nord, on longe l'Orneau et dans un angle apparaît l'ensemble castral uniquement de pierre bleue vêtu. Miracle, tout est en parfait état, tenu au bouton comme il convient pour un golf. Miracle car en 1987 ici il n'y avait qu'abandon et ruine. Le travail de restauration accompli est admirable. Les Jottrand purent compter sur l'aide de la Région wallonne et surtout celle de Madame Sarlet qui avait cru dans le projet de réaffectation.

On rentre dans la cour de la ferme par l'est désormais, comme on le voit sur le site www.globalview.be. à la rubrique Falnuée. La partie nord à droite en entrant est l'ancienne grange. En face de la grange la cour est fermée par les dépendances devenues le bar restaurant du club; cette aile est datée 1742. La partie proprement castrale se trouve à l'ouest, presque contre la berge, en face de l'entrée.

Deux sortes de donjons se causent depuis des siècles. Le premier, cité déjà en 1343 est haut et peu illuminé. Son rez était la cave. L'accès s'effectuait au 1er étage et la résidence se situait au 2e étage (3e niveau). Une latrine en encorbellement permet de penser que tout ici était ceinturé d'eau. Le second, assez commode à vivre, tient plus de la maison forte et fut érigé par les Sainte-Aldegonde vers 1650. Une chapelle et une tour, engagées, furent construites à ce même moment.

Web www.falnuee.be. Tél. : 081.63.30.90.