scènes

Pour ceux qui se lassent des représentations d’une heure et demie, ou deux heures, voire trois, huit ou douze le Festival XS apporte un vent de fraîcheur et de dynamisme dans le paysage scénique. Pour cette troisième édition, l’équipe du Théâtre national renouvelle une formule qui fait mouche : 18 spectacles de moins de 25 minutes pendant trois soirées. Alexandre Caputo, programmateur du festival, nous explique ce concept.

Une invitation à la découverte

"Le principe de base, c’est de proposer aux artistes de présenter des spectacles qui durent entre 5 et 25 minutes. C’est la seule contrainte. Le festival est une invitation à la découverte." Danse (Peeping Tom ), cirque (Babafish ), marionnettes (Bruno Pilz ), théâtre (Axel De Booseré, Selma Alaoui, Aurore Fattier ) mais aussi conférences : les disciplines du spectacle vivant se déclineront sous toutes les formes dans les moindres recoins du National. L’occasion de fureter un peu partout et de tester ce qu’on n’a peu ou pas l’habitude de voir, juste pour le plaisir de se laisser emporter par la curiosité. "Si un spectateur est féru de théâtre, il peut sélectionner des spectacles de théâtre mais il peut aussi prendre des risques et s’aventurer du côté de la danse, du cirque, ou voir une conférence", ajoute Alexandre Caputo.

De l’expérimentation

"Nous avons aussi la volonté d’offrir un espace d’expérimentation pour les artistes", affirme le programmateur. Mais attention, point d’esquisse ni de "work in progress" au festival XS, les formes sont brèves et tout est permis mais ce sont de véritables spectacles aboutis. "Les artistes ont une lourde pression quand ils créent, notamment au niveau du budget. Là, dans un temps plus court et dans un espace plus ludique, avec en même temps des conditions professionnelles, ils retrouvent un espace d’invention et de liberté."

De la légèreté

"La forme courte confère une légèreté particulière tant aux créateurs qu’aux spectateurs. Certains pensent qu’ils n’iraient pas voir un spectacle de marionnettes d’une heure et demie, là, ils prennent le risque." Pourtant, les spectacles ne sont pas tous légers, nuance Alexandre Caputo : il y a des projets ambitieux avec plus d’une dizaine de comédiens. La légèreté, c’est aussi l’accessibilité. Si le "niveau" artistique est exigeant et les modes d’expression résolument contemporains, les spectacles doivent garder une atmosphère festive.

Porter un regard neuf sur le monde

Parmi les 18 spectacles proposés, 13 sont des créations mais deux nouveautés s’ajoutent aussi à ce festival dynamique : des rencontres insolites où deux artistes qui ne pratiquent pas la même discipline doivent travailler ensemble, et des conférences. De manière didactique, claire, accessible (dès 16 ans), novatrice et surtout, brève, vous saurez tout sur : "Bruxelles petite ville mondiale", "Gouverner enfin le capitalisme ?", "La justice fiscale" et "La ritournelle des affamés". "C’est important de proposer des manières diverses de renvoyer une image de notre société", explique encore le programmateur. "Ce festival est en phase avec le monde d’aujourd’hui : il rend compte à la fois de la beauté et de la difficulté de vivre en explorant tous les possibles. Il n’y a pas une seule voie."

Bruxelles, Théâtre national, du jeudi 7 au samedi 9 mars. Pass 1 jour : 10 €; pass 3 jours : 18 €. Infos, programme complet, rés.: 02.203.53.03, www.theatrenational.be