- Monos Art Gallery, rue Henri Blès, à Liège. Jusqu'au 15 juillet, du vendredi au dimanche, de 14 à 19 h. Rens.: 04.224.16.00, 0486.70.17.01 ou www.monosgallery.com.

- Gilbert Decock expose aussi, jusqu'au 6 août, à la Benoot Gallery d'Ostende. Kurssal Oosthelling, 11. Du vendredi au dimanche, de 10 h30 à 12 h30 et de 14 h à 18 h30. Rens.: 059.70.18.70.

Les espaces de la galerie sont amples, multiples, blancs. Les oeuvres y nichent, sans se contraindre mutuellement, dans une espèce de liberté spatiale qui développe leur impact. En ce moment, qui plus est, les peintures de Luc Peire (1916-1994) l'aîné et les peintures et sculptures du plus jeune Gilbert Decock s'y complètent et répondent à ravir, les deux hommes ayant d'ailleurs eu l'heur de se connaître et s'apprécier. Une bonne quinzaine de toiles du regretté Peire ont été prêtées pour l'occasion par la Fondation qui, à Knokke, perpétue son rayonnement. Certaines sont mises en relation avec d'autres signées Decock, tandis qu'au sous-sol, c'est un Peire unique en son genre qui déploie sa faconde à émouvoir la ligne droite. Peire était l'homme de la verticalité et, brossant deux décennies de son parcours plastique, les oeuvres déposées à Liège en témoignent. Etonnants jeux de lignes et de musiques, telles des cordes tendues jusqu'à l'hallucination de leurs vibrations dans l'espace, les peintures de Peire sont pourtant les héritières épurées, architecturales, d'un artiste qui, à ses débuts, s'annonçait très permékéen! Un moment de bonheur en compagnie d'un homme qui avait la sagesse de ses registres et qui prônait, comme un cadeau du ciel, les tableaux d'églises du renaissant Saenredam.

Gilbert Decock est beaucoup plus radical. Chez lui, la ligne est tirée comme au cordeau, sans faille, sans sensualité dans le tracé. Elle n'en est pas moins riche, obsédante. Riche de rigueur et obsédante de tension. Des gouaches préparatoires aux toiles pures, blanches et noires, aux plus colorées, souvent en deux couleurs, aux sculptures comme des objets de méditation autour de ce carré qui règle nos vies, l'art de Decock se déploie carré, chaud et variable à souhait sous ses apparences froides et nues.

© La Libre Belgique 2006