La salle parisienne Sotheby’s n’avait pas lésiné sur les effets de manche et de présentation et, mercredi soir, elle affichait complet pour une vente appelée à battre des records.

De fait ! Plus gros score jamais obtenu en France pour un Magritte et plus haut montant pour une vente de collection en France en 2012 (18,9 millions d’euros); les adjudicataires peuvent se frotter les mains.

Il faut dire que la collection de Zaïra et Marcel Mis avait de quoi attirer les convoitises d’amateurs du monde entier, présents à Paris via trente téléphones. Présentés en début de séance, les Magritte n’ont pas manqué la cible et deux d’entre eux ont fait banco : "La grande table" de 1962 s’est enlevée à 5104750 euros, record absolu pour un Magritte en France, et "La parure de l’orage", emblématique des meilleurs Magritte des années fertiles (1927) a obligé l’acquéreur à débourser 1464750 euros.

Ce ne fut pas tout au royaume de prix de l’art de plus en plus échevelés, fous, quasi inqualifiables. Témoin, le séduisant Andy Warhol des années 70, "Four Multicoloured Marilyns", parti, comme dans un rêve de Marilyn, à 3200750 euros. Troisième enchère dépassant toute fiction, les 3032750 euros surgis pour un fin mobile de Calder, daté 1961. Au rang des enchères millionnaires, citons enfin ce rare "Concetto Spaziale, New York 8" de la série Metalli de Lucio Fontana de 1962.

Le marteau était tenu par Oliver Baker, vice-président de Sotheby’s Europe et, comme put l’avouer Thomas Bompard de Sotheby’s France : "Voilà une vente qui restera dans les mémoires et les cœurs". Puissent les Mis ne pas trop regretter ces trésors patiemment et intelligemment acquis au long d’une vie !

Nous reviendrons sur la vente dans le supplément "Arts Libre" du 2 novembre.