Le baron Jan Grauls, représentant de la Belgique auprès de l’Organisation des Nations unies à New York, devrait exprimer ce jeudi la courageuse abstention de la Belgique lors du vote de l’Assemblée générale de l’Onu sur le statut d’"Etat observateur non membre" à accorder à la Palestine.

On ignore le sentiment personnel de notre ambassadeur sur la question, mais il n’entre de toute façon pas en ligne de compte dans les actes posés par ce fidèle serviteur de l’Etat et ce vétéran de notre diplomatie.

Né le 12 février 1948, Jan Grauls, qui prendra prochainement sa retraite et passera la main à Bénédicte Frankinet (actuellement ambassadrice en Israël et ancienne directrice générale du département des Nations unies au ministère), a en effet exercé les plus hautes fonctions. Successivement en poste à Bonn, Tunis, Bruxelles (au siège de l’UE), Londres et Washington, ce juriste formé à Anvers et Louvain a surtout été le chef de cabinet adjoint et le conseiller diplomatique du Roi (et à ce titre un des mentors du prince Philippe), puis le président du Comité de direction du ministère, de 2002 à 2007. Cette brillante carrière a fait du baron Grauls un des diplomates les plus expérimentés de notre pays.

C’est, cependant, pour tout autre chose que cet homme courtois, mais austère, risque de passer à la postérité : son rôle dans "l’affaire Simon Leys". L’erreur administrative qu’il a choisi de couvrir, plutôt que de résoudre, en a fait l’archétype des bureaucrates que le célèbre sinologue se propose de pourfendre dans un prochain livre.