REPORTAGE

O n est prêt, les apôtres, tout le monde?» Oui, le directeur musical Pascal Charpentier n'a pas à s'inquiéter, les apôtres, Jésus, Marie-Madeleine et toute la troupe des interprètes de «Jésus- Christ Superstar» sont presque fin prêts.

Une comédie musicale n'est pas une mince affaire. Ce jeudi, parmi les boiseries claires de l'Aula Magna à Louvain-la-Neuve, c'est le deuxième jour que les acteurs- chanteurs et les musiciens passent ensemble, à coordonner leur travail.

Avant cela, les voix ont répété pendant environ trois semaines, à Bruxelles, sous la direction de Pierre Bodson, par ailleurs Ponce Pilate. L'orchestre de onze musiciens, lui, bosse depuis une dizaine de jours ici, à Louvain-la- Neuve tandis que, sur le site de Villers-la-Ville où va se jouer la comédie musicale, les décors se construisent, les costumes se taillent.

Sur le plateau, l'on parle à peu près toutes les langues, le flamand, l'anglais, le français, des bribes d'espagnol.

Pehuen Diaz Bruno, qui incarne un Jésus plus vrai que nature avec sa barbe et ses cheveux super longs, est Argentin d'origine. Cela lui donne un petit accent tout à fait charmant dans sa prononciation du texte adapté par Pierre Delanoë.

Pas facile avec l'oreillette

Marie-Madeleine, c'est Delphine Gardin, par ailleurs chanteuse du groupe rock Monsoon. «Et j'ai eu beaucoup d'hommes dans ma vie, pourquoi pas Lui», chante-t-elle d'une voix un peu cassée, et avec beaucoup de nuances. Elle semble avoir quelque difficulté à s'adapter à l'oreillette des retours son, par laquelle elle s'entend chanter, et entend aussi l'orchestre. C'est le premier jour que les chanteurs utilisent ce dispositif micro et oreillette qui va leur laisser toute latitude pour s'exprimer par la gestuelle.

A ce stade, le metteur en scène, Jean-Mark Favorin, dans son T-shirt «Cats», regarde les choses de loin. Il a assuré la première cohésion du groupe des chanteurs- acteurs-danseurs, à Pascal Charpentier et Pierre Bodson d'affiner la coordination avec l'orchestre. Fin du premier acte, une guitare grince amèrement. C'est celle du virtuose blues-rock Jean-Pierre Froidebise, «le Willie Nelson du Brabant wallon», dixit «J.M.» Favorin dans un sourire.

La grosse voix de Patrick Ringal assure en Caïphe, de même, l'organe d'une tonalité plus élevée de Vincent Heden convient au personnage de Judas. C'est là, maintenant, le moment de la trahison, dont toute l'ambiguïté est rendue par les voix.

Pause avant le deuxième acte. Très concentrée derrière ses lunettes noires, la chanteuse Nathalie Stas continue de bosser. Entre artistes, l'on se cajole parfois, pour se rassurer l'un l'autre. Bien. Maintenant, c'est au tour d'Hérode. «Il est là depuis ce matin et il n'a pas encore chanté», constate Pascal Charpentier. Peut-être est-ce pour cela qu'il manque encore de présence vocale? «Allez, on recommence!»

«Jésus-Christ Superstar», du 7 juillet

au 14 août, à l'abbaye de Villers-la-Ville.

Tél.: 070.224.304.

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© La Libre Belgique 2004