JMJ: "Nous sommes la jeunesse du pape"

Paco Audije Publié le - Mis à jour le

Correspondant à Madrid

Nous sommes la jeunesse du pape !" Une foule immense l’a crié dans toutes les langues, malgré les imprévus d’une journée finale extraordinaire des Journées mondiales de la jeunesse. Environ un million de personnes a participé dimanche à la grande messe de clôture et à la veillée qui l’a précédée samedi soir à l’aéroport de Cuatro Vientos, dans la banlieue sud de Madrid. "L’église n’est pas une simple institution humaine, comme n’importe quelle autre, nous sommes une institution étroitement unie à Dieu", a remarqué Benoît XVI à cette occasion.

La température des esprits a été au niveau d’une météo violemment tropicale. Cuatro Vientos (Quatre vents) a vu la température monter à 45 degrés. Les jeunes participants y sont restés jusqu’à dimanche après-midi et n’en sont partis qu’après la clôture finale. Plus de trente heures sur un aérodrome devenu temple dans une ambiance torride.

Lors de la veillée, le souverain pontife dût interrompre son homélie à cause d’un orage et quand le soleil était au plus fort, les pompiers ont dû arroser la foule. Quelque 2 500 pèlerins ont été soignés par les services médicaux, une centaine a été envoyée à l’hôpital. On avait installé l’autel sur une plateforme blanche de 200 mètres de long. Autour, dix-sept chapiteaux-chapelles. Mais 600 000 communions ont été annulées, changées en communion spirituelle collective, parce que les hosties consacrées se sont envolées ou ont été détruites par l’orage de samedi. Celui-ci a aussi démoli un des chapiteaux, où des pèlerins new-yorkais ont eu peur de vivre une catastrophe à la Pukkelpop.

Le pape était sous un arbre artificiel, jaune, symbolique. Dans cette banlieue, cinq collines artificielles rappelaient le sermon de la montagne : "Vous ne pouvez pas suivre le Christ en solitaire, ni pour votre propre compte, parce que vous risquez de ne jamais le trouver ou de finir avec une fausse image de lui", a dit Benoît XVI à ceux qui se considèrent chrétiens mais se disent distants de l’Eglise. En Espagne, plus de la moitié des jeunes se déclarent encore catholiques, mais seulement 12% sont pratiquants.

"Quelle joie de voir une Eglise capable de mettre en route tous ces jeunes, de tirer le meilleur d’eux-mêmes!", nous déclare l’abbé Christophe Cossement, de Louvain-la-Neuve, qui avoue avoir modifié favorablement ses premières impressions sur Benoît XVI depuis qu’il fut élu. Il trouve que le pape actuel a repris "sa modernité", surtout dans les JMJ.

"Nous, les Belges, nous avons eu des moments forts, de grandes célébrations, des moments d’enseignement et des catéchèses francophones partagées avec des Français, des Canadiens, des Libanais. Avec la joie, les chants dans des rues pleines et la fête quand nous étions avec le pape. Un lien s’établit ainsi entre l’Eglise et ces jeunes", résumait pour nous Mgr Remy Victor Vancotten, évêque de Namur.

Tout au long de la semaine, à Madrid, le mouvement des "indignados", des groupes d’homosexuels, de chrétiens de base ont soutenu des protestations qui ont fini avec des arrestations et charges policières. Presque à la fin des JMJ, les porte-parole des indignés voulaient souligner qu’ils n’avaient rien contre les pèlerins eux-mêmes, mais étaient pour la laïcité complète de l’Espagne. Le coût des JMJ était eu cœur de cette polémique. Mgr Vancotten s’est montré compréhensif : "Je peux comprendre qu’une partie des habitants de Madrid, même les catholiques, ont pu se sentir un peu mal à l’aise par rapport à un certain envahissement de leur ville", nous a-t-il déclaré.

Parmi les indignés, il y avait aussi ceux qui ont appelé à des assemblées de dialogue avec les jeunes pèlerins. Au moins une telle assemblée a eu lieu à la Puerta del Sol. "Cela a été une expérience unique de voir l’Eglise avec différents visages. Nous ne sommes pas venus pour répondre à certaines attaques, mêmes provocatrices. Ce n’est pas facile non plus pour nos jeunes Belges catholiques de porter leurs croyances. Il faut un peu de discernement", nous a dit l’abbé Luc Terlinden, d’Ixelles.

La grande croix que Jean-Paul II a offerte aux JMJ est passée maintenant des mains des jeunes Madrilènes à celles des Brésiliens. Prochain rendez-vous des JMJ : Rio de Janeiro, 2013.

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