Un cavalier honoré au palmarès du Trophée national du Mérite Sportif, cela n’a rien de banal. Que du contraire ! Il faut en effet remonter à 1939 et au succès du Commandant Henry de Menten de Horne pour retrouver un précédent dans l’histoire du Trophée.

C’est dire la performance de Philippe Le Jeune, plébiscité ce jeudi ! Le Bruxellois, sacré champion du monde du saut d’obstacles début octobre à Lexington (Etats-Unis), succède donc à un autre Philippe (Gilbert) bien plus connu du grand public.

"C’est formidable, je suis très honoré de recevoir ce trophée, d’autant plus que je ne m’y attendais pas du tout", souriait le cavalier de Lennik qui dispute le jumping international de Stuttgart en cette fin de semaine. "Je suppose que c’est essentiellement à mon titre de champion du monde que je dois cette récompense. Je suis très content, surtout parce qu’on parle beaucoup des sports équestres ces dernières semaines."

Sportif de l’ombre guère habitué à toute cette attention médiatique, Philippe Le Jeune joue aujourd’hui le rôle d’ambassadeur pour l’ensemble de la discipline (et pas uniquement le saut d’obstacles) un rôle qui lui convient parfaitement, lui qui aime se définir comme "un vrai belge".

Aussi à l’aise en français qu’en néerlandais, le champion de Belgique 2008 a vécu aux quatre coins du Royaume et entretient d’excellents rapports au sein des deux communautés. Mieux, il véhicule aujourd’hui une image très saine de l’équitation : "Ma victoire à Lexington est la preuve qu’il ne faut pas obligatoirement des millions pour réussir en saut d’obstacles. Mon titre de champion du monde est la récompense du travail, de l’humilité et des sacrifices".

Cavalier depuis son plus jeune âge, Philippe Le Jeune sillonne les compétitions internationales depuis trente ans avec des hauts et des bas.

Médaillé de bronze par équipe aux Jeux équestres mondiaux de Jerez de la Frontera (Espagne), le cavalier bruxellois a remis le couvert huit ans plus tard avec Vigo d’Arsouilles, un fils de Nabab de Rêve, son cheval de 2002.

Médaillé de bronze par équipe à Lexington, il a assuré les parcours sans pénalité (soit 119 obstacles franchis sans faute) durant la totalité de la compétition pour également s’emparer du titre mondial individuel et ainsi succéder au palmarès de l’épreuve à un autre Belge, Jos Lansink.

En 2006, celui-ci avait dû s’incliner devant Kim Gevaert et Tia Hellebaut au Trophée national du Mérite Sportif.