Tout autant que Jean-Luc Ponty et Didier Lockwood, Pierre Blanchard a reçu, des mains de Stéphane Grappelli, "le violon de Warlop". Né à Douai, le violoniste Michel Warlop (1911-1947) a joué avec Maurice Chevalier, Stéphane Grappelli et Django Reinhardt, Raymond Legrand (père de Michel), etc. Il est considéré comme l'un des meilleurs jazzmen des années trente. Son violon n'a, en réalité, jamais quitté l'appartement de Grappelli, pour qui "attribuer le violon de Warlop" était une manière d'adouber un jeune musicien.

Une réelle amitié liait Blanchard et Grappelli. "La disparition de Stéphane, en 1997, m'a beaucoup touché. Tant qu'il était vivant, je n'estimais pas utile de jouer sa musique. Mais, autant il était inimitable, autant ce qu'il véhiculait dans sa musique ne pouvait s'arrêter comme ça." Se sentant alors comme investi d'une mission, Pierre Blanchard a en quelque sorte repris l'archet, réalisant notamment, avec le fabuleux guitariste manouche Dorado Schmitt, un disque d'hommage : "Rendez-vous" (Le Chant du Monde/Harmonia Mundi).

"J'ai toujours apprécié la capacité des musiciens manouches à sortir la guitare et le violon n'importe où, y compris après le concert, tandis que le jazz moderne, lui, n'est pas festif. Le swing manouche est une musique qu'on ne peut bien jouer que si on l'aime, parce qu'elle est à la fois très simple et très sophistiquée."

C'est de tout cet esprit dont bénéficie le spectacle de Thomas Dutronc aujourd'hui.