Merci le Québec!

Alors que tous les spécialistes de la langue française ne sont pas convaincus, en France surtout, une bonne nouvelle nous vient du Québec à propos de la «nouvelle orthographe». L'Office québécois de la langue française a émis un communiqué très positif et favorable aux rectifications de l'orthographe. «L'Office estime qu'en cette période de transition ni les graphies traditionnelles ni les nouvelles graphies proposées ne doivent être considérées comme fautives» lit-on, et plus loin: «Dans ses travaux et publications, l'Office donnera désormais la priorité aux nouvelles graphies dans la mesure où elles sont attestées dans les dictionnaires usuels.» Rappelons, par exemple, que cette nouvelle orthographe, approuvée en 1990, concerne le trait d'union dans les numéraux, comme mille-trois-cents; le singulier et le pluriel des noms composés comportant un trait d'union, comme un après-midi et des après-midi; comme les accents, par exemple connaitre, voute; les verbes en «eler» et «eter», par exemple elle ruissèle; certaines anomalies ont été rectifiées, par exemple assoir, chariot, ognon et le fameux nénufar, etc. Vous en trouverez l'exposé et les commentaires dans le livre «La «nouvelle» orthographe» de André Goosse (Duculot, 1991). A l'époque, l'Académie française avait approuvé puis hésité... «Même les usagers que les rectifications ont séduits ne sont nullement obligés de les appliquer toutes» répondait Goosse. «Les adversaires ne se bornent pas à refuser de changer leur façon d'écrire, ce qui est leur droit, incontesté; ils veulent empêcher par tous les moyens que d'autres aient cette possibilité. Comment appeler ce genre de réaction?»

© La Libre Belgique 2004