Le ministre Marcourt a parlé du Grand Prix de Francorchamps comme d'une «danseuse». «Entretenir une danseuse» ne coûtait alors pas plus cher au célibataire que d'entretenir une épouse, ni au mari infidèle que de s'offrir une maîtresse, de quelque classe sociale qu'elle fut. Mais le regard de la société condamna l'artiste qui, comme chacun sait, s'amuse à créer et n'a nul besoin d'argent pour vivre.

Les danseurs suivent plus ou moins 10 années d'études, accomplies généralement (de combien d'écoles professionnelles disposons-nous en Belgique?) en plus et parallèlement à leur scolarité normale, payant eux-mêmes, ou avec l'aide de leur famille, les frais importants qu'entraîne leur formation: professeurs privés, stages complémentaires en Belgique et à l'étranger, et équipement. Puis-je vous suggérer d'enquêter auprès de vos collègues de la Communauté française en charge de la culture et de la danse? Vous découvrirez ainsi les ridicules montants alloués aux compagnies de danse et le très modeste salaire des danseuses et danseurs qui ont la chance d'avoir été engagés! A comparer avec les montants attribués à Francorchamps et avec les «modestes» salaires des coureurs automobiles.

Votre discours, publié dans la presse ce lundi 12 septembre, «il ne faut pas que Francorchamps nous coûte le prix d'une danseuse» véhicule un message périmé depuis des lustres et se révèle injurieux vis-à-vis d'artistes dont le mode de vie est à l'opposé du luxe.

© La Libre Belgique 2005