C’est une véritable catastrophe, une malédiction qui continue pour le futur musée de Louvain-la-Neuve qu’on attend depuis si longtemps. Au début, on envisagea un musée sur le lac de LLN avec l’architecte japonais Risho Kurokawa. Projet abandonné depuis. L’architecte Philippe Samyn avait dessiné un nouveau musée juste à côté de la grande aula. Mais si cette dernière a été achevée, le beau musée de l’architecte est resté dans les limbes. Et puis, brusquement, en 2006, ce fut le miracle. L’université trouvait un généreux mécène, Jean Peterbroeck, fondateur de la société de Bourse Petercam, qui offrait 10 millions d’euros pour ce musée. Jean Peterbroeck nous avait alors expliqué ce "devoir de témoigner de la reconnaissance envers l’institution qui nous a formés. C’est cet esprit de reconnaissance que je voudrais voir plus ancré ici aussi, en Belgique".

Le recteur actuel de l’UCL, Bruno Delvaux nous a expliqué que du côté de l’UCL, tout a été fait dans les délais les plus rapides possibles. En 2008, sur base d’un concours international (38 projets présentés), c’est le projet du bureau américain Perkins + Will associé au bureau belge Emile Verhaegen qui a été choisi. On était alors certain que l’actuel "musée du dialogue" à Louvain-la-Neuve, bien trop à l’étroit, pourrait enfin y déménagera fin 2011 et pourrait s’y développer, pièce essentielle pour l’attractivité de la ville. Le site choisi par l’UCL est au bord du lac, en contrebas de la Grand-Place et de l’aula magna, avec une vue superbe sur le plan d’eau. Le musée devait avoir 5 000 m2 (le triple de la surface du musée actuel). Et ce musée se voulait un geste important d’architecture contemporaine qui pouvait être en contraste avec l’architecture de LLN. La première chose qui frappait dans le futur musée est la verdure : une toiture de verdure, un mur de verdure, faisant lien entre la nature avoisinante et la ville. Le musée devait fermer la dalle et devenir un chemin de promenade en douceur vers les berges du lac. Le musée avait un "signal", une tour tout en courbes et ondulations qui devait être visible tant du lac que de la ville, tout en restant discrète (on n’est pas dans le grand "geste" à la Gerhy).

Le bâtiment devait coûter 12 millions d’euros, à quoi s’ajoutent la muséographie et les coûts de démarrage (grandes expos comprises) pour les cinq premières années. Au total, l’UCL cherchait auprès du privé 18 millions d’euros. Il avait déjà les dix millions d’euros offerts par Jean Peterbroeck. D’autres donateurs (dont la famille Dumonceau), sont venus compléter la somme de telle manière que le C.A. de l’UCL donnait son feu vert définitif en juillet 2010. Le permis d’urbanisme était immédiatement introduit. La région wallonne a fait traîner les choses mais le 20 octobre dernier, cet avis était enfin rendu et était positif. Tout semblait prêt pour que la construction démarre. C’est donc dire que l’annonce par la famille Peterbroeck du retrait de son don fut un incroyable coup de tonnerre. Sans ce don tout le projet tombe à l’eau. L’UCL ne veut pas dévoiler les raisons personnelles invoquées pour ce retrait. Mais on s’étonne qu’il n’y ait jamais eu de liens contractuels entre l’UCL et le donateur pour empêcher un revirement. " Nous traitons toujours en confiance avec nos mécènes, c’est une question de respect envers le donateur principal et de son état de santé", répond Bruno Delvaux. La mort de Jean Peterbroeck en mai dernier, a sûrement joué dans ce revirement de la famille. L’UCL étudie maintenant les suites de tout ça (qui va payer les frais engagés ? Y a-t-il des recours ?). "Nous avons déjà d’autres pistes", dit Bruno Delvaux.

A confirmer.