Polémique : la prime des bleus qui dérange

Thibaut Roland Publié le - Mis à jour le

Il suffirait de souffrir d’une légère paranoïa pour croire que les Italiens l’ont fait exprès.

Au moment même où certains politiciens français (le député socialiste Olivier Faure en tête) s’étouffaient sur la prime de 100 000 euros promise aux joueurs français, les hommes de Cesare Prandelli s’offraient le luxe de les narguer en annonçant qu’ils abandonneraient toutes leurs primes de victoire au profit d’œuvres de charité. "Tous les joueurs ont manifesté l’intention de reverser leurs primes de l’Euro aux victimes des tremblements de terre en Emilie-Romagne", lançait hier la Squadra via un communiqué.

Grands princes les Italiens ? Pas si sûr. D’autant que les Espagnols se sont empressés de rivaliser avec eux comme si, au sein même de l’Euro , une nouvelle compétition venait de se dégager. Son titre : Qui gagnera le tournoi de la générosité ?

Avant d’affronter le Portugal, Iker Casillas s’est ainsi payé le plaisir de confirmer à certains journalistes espagnols que les joueurs de la Roja reverseraient une partie de l’argent récolté pendant l’Euro pour financer les travaux en cours à la Cité du football. De quoi narguer les Portugais qui s’étaient accordés pour ne pas toucher un seul centime avant que leur qualification pour les quarts de finale ne soit assurée. "On avait convenu avec les joueurs qu’ils ne seraient pas récompensés par match mais par objectif atteint. Le premier était d’atteindre les quarts de finale, on respectera donc l’accord de notre côté", lançait le vice-président de la Fédération portugaise, Humberto Coelho.

Après avoir empoché 100 000 euros chacun, les Allemands ne semblent par contre pas vouloir se mêler à ces élans de générosité comme s’ils ne pouvaient s’empêcher de penser que les annonces des Espagnols et des Italiens sentaient bon le coup marketing et l’opération de publicité.

Car les chiffres lancés aiment parfois travestir la réalité. Si les Bleus ont jusqu’ici refusé de renoncer à leur prime de 100 000 euros (laquelle se serait élevée à 320 000 en cas de victoire finale), les Français toucheront nettement moins d’argent que les Espagnols et les Italiens via leurs sponsors et leurs contrats de publicité.

Du côté de la Squadra, les joueurs italiens vont ainsi bénéficier d’un boom inattendu des sponsors qui pourrait largement compenser les primes abandonnées. Dans le même temps, la Fédération française devra abandonner 750 000 que ses partenaires publicitaires lui avaient promis en cas de parcours réussi. En voyant cet argent partir en fumée, les Bleus se seront sans doute dit que la prime de 100 000 euros (pour un quart de finale) ne méritait pas d’être lâchée. Ainsi va la vie.

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