Si vous le permettez, je voudrais revenir sur ces extraits de chansons que j'ai partagées avec vous ces derniers jours. Hier encore, pour les auditeurs les plus fidèles, nous avons passé une soi-disant chanson soi-disant anglo-saxonne d'un soi-disant prof d'histoire de l'Art soi-disant appelé Charilaos Tricoupis. Evidemment - c'est le propre du jeu des dictionnaires - tout était faux. De l'invention pure, histoire de passer un bon moment et de semer le doute chez l'invité.

Pour tout vous dire, un ami, qui me connait bien, et qui sait combien je suis à l'affût des chansons décalées et de ce type d'humour pas forcément volontaire, m'a fait connaître les chansons formidables de cet auteur-compositeur-interprète qui d'ailleurs n'est pas si inconnu que ça au bataillon. La preuve, c'est que des courriels sont arrivés très rapidement.

«Bonjour bonjour,

Après avoir entendu la chanson sélectionnée par Frédéric Jannin ce vendredi dans la Semaine Infernale, je suis resté tout perplexe.

Je connaissais cette chanson. Il s'agit d'un des grands tubes de Michel Farinet. Aussi surprenant que ça puisse paraître, Michel Farinet a déjà sorti plusieurs albums sur Internet. Et l'on doit bien reconnaître une certaine euh... constance dans la qualité de ses productions. D'accord, ses chansons se montrent... enfin... surprenantes, au premier abord, mais elles n'en représentent pas moins un vrai boulot. Il faut bien admettre que cet artiste n'a pas encore vraiment rencontré son public. Il se définit comme un amateur, il est très conscient de chanter comme une huître, mais il fait des chansons pour le plaisir et se contente de progrès mesurés. Si ça plaît, c'est bien; si ça fait rire, ben c'est bien aussi.

On ne m'ôtera pas de la tête qu'il est anormal de prendre un plaisir quasi-pervers à écouter Plastic Bertrand aujourd'hui. Bref, nous restons attachés à ces artistes que, par votre engagement au sein de la puissante institution RTBF, vous, Monsieur Jannin, contribuez à élever à leur juste rang. Par ces mots, c'est, je le sais, une Belgique fière et reconnaissante qui s'exprime d'une seule voix. Enfin ça fait plaisir d'entendre Farinet sur une grande radio. Enfin pas trop longtemps. Enfin ça change, quoi.

Alors voilà, je suis tout perplexe, donc : Frédéric Jannin connaît-il le nom du véritable auteur de cette chanson ? Je me pose cette question parce que, même si la chanson en question n'a été exploitée que dans le cadre d'un sketch, ç'aurait été courtois de mentionner son nom.(Alexandre Pérard)»

Voilà. C'est chose faite. Mesdames et messieurs, Charilaos Tricoupis ne s'appelle pas Charilaos Tricoupis mais bien Michel Farinet, ce qui est finalement plus facile à prononcer. Tant qu'on y est, après tout, rendons à César. Ah, vous voulez savoir qui est qui ? Passons aux aveux : dans le «Frap Parade» des SNULS, Jo Delcominette se nommait dans la vraie vie Robert et les Etincelles, Franz Kiljoen n'était autre que Marc Morlock, Jimmy Zomerwilt s'appelait en réalité Béatrice Kamoen, Freddy Communal était Alain Shylvain, et Petipeth Khipuuh, pour ceux qui se souviennent, c'était Annie Duparc. Avouez que ça change tout.

© La Libre Belgique 2003