Son nom n’est pas vraiment connu du grand public. Et cependant, cela fait 20ans qu’il préside le Conseil central de l’Economie. Vingt ans à la tête d’un organe qui réunit patrons et syndicats du sud comme du nord du pays, cela en dit déjà long sur la personnalité d’un homme, alors que par ailleurs celui-ci est un pur francophone et n’a jamais caché ses convictions socialistes. Mais donc voilà, les représentants patronaux et syndicaux n’auront pas vraiment affaire à un inconnu

L’avocat Marc Uyttendaele, qui compte parmi ses proches, confirme le côté homme de consensus du personnage: "Ce n’est pas quelqu’un de conflictuel. Il est tout en subtilités et en rondeurs. Il faut le pousser très loin pour entrer en conflit avec lui." Mais ce n’est certainement pas pour autant quelqu’un de mou: "Celui qui arriverait jusque-là pourrait s’attendre à un fameux retour de boomerang, quitte à ce que ce soit sans hausser le ton", ajoute MeUyttendaele. Un intellectuel amateur d’art aussi, ce qui l’a conduit à également présider le comité de patronage de l’Institut du Patrimoine wallon, l’institution qui organise chaque année les Journées du Patrimoine au sud du pays.

Agé aujourd’hui de 62 ans, Robert Tollet a fait toutes ses études à l’ULB: licence en sciences économiques, puis licence spéciale en économétrie. Par la suite, il a été brièvement chargé de recherche au sein de l’université bruxelloise, avant d’y revenir, beaucoup plus longtemps cette fois, comme président du conseil d’administration de 1995 à 2003.

Mais la première moitié de sa carrière c’est au Bureau du Plan qu’il l’a faite, comme expert scientifique. Rentré dans cet organisme en 1974, il n’en partira tout à fait qu’en 1994, à la veille de réintégrer l’ULB et lorsque ses activités cumulées au Conseil central de l’Economie et à la tête de la Société fédérale de Participations prendront trop de place. Il dirige toujours cette dernière, héritière de la CGER-Holding, devenue en 2006 la Société fédérale de Participations et d’Investissements (SFPI), et tout de même quelque peu vidée de sa substance suite aux nombreuses privatisations de ces dernières années.