Entre Tongres et Hoeselt les campagnes ondulent assez fortement. Cela permet aux nombreux domaines castraux qui s'y trouvent de profiter de certains abris renforcés par des massifs boisés. Schalkhoven bénéficie de cet environnement. Le château est posté à l'entrée du village en venant de Tongres. L'ensemble constitué par le château et sa ferme est resté presque à l'identique de ce qu'il était au XVIIe siècle. La ferme en U est toujours aux mains du château.

Un mur fut élevé entre la cour basse et l'entrée du château pour des questions de confort. "Côté ferme, il s'agit d'une longue construction basse adossée au mur de séparation, avec la buanderie, la laiterie avec l'écrémeuse et la baratte, le chenil et les trois W.-C. dont un biplace ! Côté château un rocailleur a construit une grotte bien dans le goût de la Belle Epoque. Elle permettait aux dames de prendre l'air sans altérer la blancheur de leur peau. Par contre la grotte est ornée d'un grand miroir : tous les printemps les merles épatent les merlettes en se battant contre leur image rivale", nous dit un des propriétaires.

Plan massé

Le bâtiment, situé est-ouest, est de plan massé et monte sur deux niveaux égaux posés sur un épais soubassement. Il est totalement érigé en briques façonnées sur place, ce qui entraîna la création d'étangs. Quelques pierres bleues animent les baies et les contours des portes. On en devine sous l'enduit de chaux jaune pâle, aux arêtes des façades. Sous sa puissante toiture en bâtière couverte d'ardoises, à croupes et coyaux, l'édifice ne déploie sur son corps central que trois larges travées. Au centre, une porte-fenêtre et quelques degrés donnent accès à une large étendue herbeuse. Les travées de cette façade sont assorties de part et d'autre par une tour carrée engagée; elles sont larges d'une seule travée.

Ces tours profitent de toitures en bâtière terminées par des clochetons aveugles carrés sommés de lanternons octogonaux, achevés par des flèches en fer forgé. Du côté de l'accès, un large perron monte vers le seuil et l'accès au château qui s'effectue à travers une porte-fenêtre à doubles battants. Les petits flancs de ce château oblong sont limités à deux travées.

Sur le côté nord, le château dispose en outre d'un important bâtiment, en U étroit, servant de dépendances. C'est un château à lui tout seul, de même type stylistique que le précédant mais construit par le baron Camille de Borman à la fin du XIXe siècle. Au total il aligne huit travées inégales.

La partie arrière de ce qui était le garage aux voitures hippomobiles est jointe à deux épaisses tours carrées en fort ressaut. Les baies sont harpées et les arêtes chaînées. La ferme quant à elle est une merveille dans son genre, en U, proche de ce que devait être la ferme jadis en U de s'Herenelderen.

Historique

Le site était jadis situé dans le comté de Looz avant d'entrer dans la principauté de Liège. Le plus ancien détenteur de cette terre semble être un bâtard des Hamal, Guillaume de son prénom, ce qui ne l'empêcha pas, malgré son statut, d'être mayeur de Tongres. Cela nous place vers 1400. Vers 1540, Schalkhoven passa des Hamal dans les mains des comtes de Renesse comme il en fut pour beaucoup d'autres seigneuries, à l'instar d'Elderen, Oostmalle, Mauny, Warfusée, etc. Paul Arren ne cite pas les Renesse mais les Elderen.

Le domaine fut laissé par alliances aux Vaes en 1607, puis aux van Eyll en 1665, suivis par les Heusch en 1736. En 1776, par vente, y débarquèrent les Barthels. Ils comblèrent les douves et supprimèrent les meneaux des baies du château. Par le mariage de leur fille Lambertine avec Nicolas du Vivier, cette famille s'installa à Schalkhoven. A travers les du Vivier, ce sont les chevaliers de Borman qui prirent le relais.

Ils sont toujours détenteurs du témoin. On ne visite pas.