Sylvie Germain : "Les hommes défendent des frontières sous prétexte de délire identitaire"

ABONNÉSBouchat Monique Publié le - Mis à jour le

Perçue au fil de ses livres comme l’une des romancières françaises les plus fascinantes d’aujourd’hui, Sylvie Germain se révèle, lorsqu’on la rencontre, aussi simple qu’attachante. Consacrée par plusieurs distinctions dès "Le Livre des Nuits", son premier roman paru en 1984, elle a reçu bien d’autres prix - dont le Femina, le Goncourt des lycéens, le Jean-Giono et le Jean-Monnet de littérature européenne - au long de la trentaine de romans et essais publiés jusqu’ici. Après avoir enseigné durant sept ans la philosophie au lycée français de Prague, elle vit et écrit désormais dans la discrétion de sa maison d’Angoulême, à l’écart des effervescences médiatiques parisiennes mais intensément présente au monde où l’on vit et aux êtres qui s’y cherchent. Elle occupe, depuis l’an dernier, le fauteuil de Dominique Rolin à l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique.

Loin de se vouloir effacée, elle est extrêmement vivante dans la conversation, se passionnant pour les sujets qui, avec constance et singularité, inspirent son écriture. Influencée par la pensée d’Emmanuel Levinas qui fut son professeur lors de ses études de philosophie, elle s’intéresse aux religions et aux textes bibliques tout en se démarquant de l’étiquette de mysticisme que certains lui attribuent. Elle est d’abord une femme de son temps qui se plaît à soulever les questions du mal, de la souffrance, de l’identité, voire d’événements, fussent-ils mineurs, qui influencent les comportements de nos vies. Etrange au premier contact, "A la table des hommes" qui vient de paraître suit la transformation d’un porcelet forgé à la nature et au monde animal en jeune homme qui s’éveille à l’univers humain sans en détenir les codes et découvre que la violence n’est pas là où l’on est tenté de le croire.


Cet entretien est à découvrir dans notre "Sélection Lalibre.be" (à partir de 4,83 euros).