"Dans la bioinformatique, il y avait un besoin"

Prévision. Croiser les maths, la biologie et l’informatique, c’est le pari de Thibault Helleputte. Ce docteur de l’Ecole polytechnique de Louvain (2010) vient de lancer sa spin off, spécialisée dans la médecine personnalisée et la recherche clinique. Ce qu’il a réussi à faire ? Avec une équipe, développer des algorithmes permettant de diagnostiquer et de prévoir les réponses à un traitement sur un patient, à l’aide d’une base de données d’informations génétiques. Pour sa spin off DNAlytics, il a misé sur la bioinformatique, domaine à la pointe qui marie bio, médecine, physique... Et c’est sa thèse qui l’y a poussé. Dans le domaine des technologies liées aux gènes, " l’on doit de plus en plus rapidement mesurer beaucoup de choses (matériel biologique, activité des gènes ). Etre biologiste, médecin, ne suffit plus pour analyser ces données : il faut la collaboration d’ingénieurs, un support informatique." En débutant sa thèse, même si la création d’entreprise était une envie, il n’avait pas d’idée concrète. Et il aurait bien travaillé en bioinformatique dans une société belge, mais aucun poste n’était ouvert ! "C’était le signe qu’il y allait y avoir un besoin !" Il a donc fait une thèse à l’UCL, dans ce domaine. Celle-ci était un partenariat public-privé avec Saint-Luc et l’entreprise de vaccin GSKBio. L’idée était de déterminer, à l’aide d’un système informatique, et sur base d’une signature génétique, si le patient ou non allait répondre au vaccin contre le mélanome. C’est la réussite technique durant cette recherche, qui a poussé Thibault à la valorisation technologique. Restait à réaliser un "business model". Pas le plus simple ! C’est finalement une expertise, plutôt qu’un produit, que la société proposera aux groupes pharmas ou aux labos d’hôpitaux.