Ouverture. Chris Dercon est né à Lier en 1958. Après des études d’histoire de l’art, de théâtre et de théorie du cinéma aux Pays-Bas, il travailla de 1981 à 1983 pour la galerie Baronian-Lambert à Gand. Il est alors aussi critique d’art au "Standaard" où il commente les derniers travaux de Bill Viola et Marina Abramovic. Il était aussi actif dans le milieu "art vidéo", étant aussi artiste performeur multimédia. En 1979, il animait un atelier vidéo au Nieuwe Workshop. Il organisa plusieurs expos de 1983 à 1987 en Belgique et aux Pays-Bas dont "Doch Doch" au Klapstuk à Louvain. En 1988, il est nommé directeur des programmes au PS1 à New York, à Brooklyn, qui deviendra l’aile contemporaine du MoMa et où il présenta entre autres, Helio Oiticica, Franz West et André Cadéré. Puis, ce fut la direction du centre d’art contemporain Witte de With à Rotterdam, et, de 1996 à 2003, la direction du musée Boijmans Van Beuningen qu’il agrandit avec les architectes gantois Robbrecht et Daem. Puis, ce fut la Haus der Kunst en 2003 et, maintenant, la Tate Modern.

A la Haus der Kunst à Munich, il fit très forte impression pendant huit ans, organisant des expos spectaculaires et originales : Paul McCarthy a envahi le toit de ses fleurs, Ai Weiwei a placardé sur la façade 9 000 sacs, symbolisant les victimes du dernier tremblement de terre en Chine. Il a présenté à Munich (pourquoi aucun musée belge ne l’a-t-il fait ?), la très riche collection de Nicole et Herman Daled sur l’art conceptuel des années 70 (expo "Less is more" avec un magnifique catalogue), une collection qui fut depuis, rachetée par le MoMa. Dans ce lieu chargé d’histoire (c’est là qu’Hitler organisa son expo contre "l’art dégénéré"), il a ouvert les portes à toutes les disciplines, de la mode au design, avec une expo Patti Smith, d’autres sur les architectes Rem Koolhaas et Herzog & de Meuron (à qui il a demandé des projets de rénovation du musée) et une avec le cinéaste Apichatpong Weerasethakul avant que celui-ci ne gagne la Palme d’or à Cannes. Chris Dercon a une sensibilité ouverte au monde. Un des premiers artistes qu’il exposa dès les années 80, fut le néoconcrétiste brésilien, Helio Oiticica. Il est aussi très au fait de la création en Inde. G.Dt