Le domaine de Wérihet à Housse se cache derrière une courte mais belle allée de hêtres et de tilleuls. Dans la descente vers la demeure on se dit que le site est remarquable et que derrière le porche se cache peut-être un castel aussi beau que passionnant.

Mais arrivé à la tour porche, point de château !! Il fut détruit en 1827 ou en 1829 et à une époque inconnue on a construit un logis en long sous une toiture en bâtière avec sans doute des éléments de la grande maison disparue. Le château fermait la cour et était trois fois plus profond que la bâtisse actuelle; le propriétaire en possède des plans. "Derrière ce long édifice point laid mais sans caractère, il y avait voici treize ans un à pic de six mètres de murs mal tenus qui ne demandaient qu'à s'affaisser, un reste d'eau vaseuse, et un cruel manque d'entretien qui finit par avoir raison du pignon occidental de la grange de 1747 du côté nord. Le tout a été comblé dès 1995. 2500 camions sont venus déposer leurs offrandes de caillasses pour colmater les brèches", signale le propriétaire. La grange est toujours veuve de sa façade latérale.

Le terrain qui ne ressemblait plus à rien a été remodelé et les deux pièces d'eau bordant la ferme et le château au nord ont été comblées à leur tour. Il reste deux hectares de l'ancien domaine. Il y en eut au moins 200 voici près de 100 ans. Une partie des terres a sans doute été intégrée dans le domaine d'Argenteau car les champs et les bois vers la Hollande sont au château qui appartient à un citoyen hollandais.

"Sous la grange effondrée se trouve une source qui servait il n'y a guère encore à rafraîchir les barriques de lait", nous dit Etienne Florkin. Il s'y trouvait aussi une cuve et un bouchon énorme en liège qui permettait de remplir les douves à volonté ou de les vider. Sous les frondaisons au nord se trouvent les pierres bleues de l'ancien pont du Val-Benoît détruit à la guerre 40.Dévolution

Housse était une propriété de la comtesse Marie de Villegas (1842-1918) épouse du marquis Edouard de Trazegnies (1839-1910). Elle en avait hérité de sa mère, la baronne Caroline de Woelmont (1808-1843), dont la mère en avait été propriétaire. Cette dernière était Françoise-Philippine, baronne de Haultepenne (morte en mars 1833), épouse depuis le 14 décembre 1803 du baron Frédéric de Woelmont de Brumagne (1769-1829). Depuis le Moyen-Age, nous dit un descendant des Haultepenne, "Housse n'avait jamais été vendu. Juste à la fin de la grande guerre, Marie de Villegas a très bien vendu environ 250 hectares de Housse afin de rembourser les dettes anciennes faites par son mari vers 1875. Mais le petit château et une bonne partie des terres sont restés sa propriété et ont ensuite été attribués à Caroline de Trazegnies (1867-1949), épouse d'Edwin Case of Redhazels (1850-1937), cadet d'une famille anglaise qui fut richissime au XVIIIe siècle, puisque c'est elle qui créa l'essor de Liverpool". Une de leurs filles, Clotilde Case, épousa le général baron Antoine dit Tony del Marmol (1904-1980). Elle se partagea le bien avec son frère Charley Case (dont le petit-fils Charley est un artiste contemporain très apprécié). Les Case ont vendu la ferme à la famille Florkin dont est issu Etienne, président de la section liégeoise du CDH. Depuis 1995, André Jacquet et son épouse en sont les heureux propriétaires. La bâti actuel reste toutefois important. Il a été l'objet de restaurations diverses par les Jacquet dont une partie des toitures et particulièrement celles de la tour circulaire et du porche. Les trois ailes érigées en moellons de grès de la région et en partie en briques forment un U. Le logis inférieur en long est isolé. Les ailes datent des XVIIe et XVIIIe siècles. Le portail est imposant avec son grand arc en plein cintre bordé de pierre bleue en chaînage. La partie haute monte sur trois niveaux dont un colombier et possède une petite baie. Le tout est sommé d'une toiture en pavillon à brisis et à coyaux, posée sur des blochets. L'aile d'accueil si on peut dire de la sorte est presque totalement aveugle ce qui ajoute à son effet défensif. Car on sait que le château était totalement entouré d'eau ce qui créait une césure entre la basse-cour et la haute cour. L'aile sud est elle aussi relativement aveugle en sa face extérieure; elle reçoit une tour circulaire de très bel effet esthétique joliment coiffée récemment à l'ancienne. L'aile nord datée de 1744 comportait trois arcades. Il n'en reste qu'une. Sur la cour, le logis est situé du côté est. Il est éclairé par des baies à meneaux et jadis à croisées. Il monte sur deux niveaux inégaux. On ne visite pas.