Le Hamas fait un geste d'ouverture rejeté par le Fatah

Quatre mois après avoir pris le contrôle de la Bande de Gaza par la force, le mouvement islamiste palestinien Hamas a pour la première fois lâché du lest en affirmant que son pouvoir y était " temporaire".

Le Hamas fait un geste d'ouverture rejeté par le Fatah
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Quatre mois après avoir pris le contrôle de la Bande de Gaza par la force, le mouvement islamiste palestinien Hamas a pour la première fois lâché du lest en affirmant que son pouvoir y était "temporaire". Mahmoud Abbas, le président palestinien et chef du parti rival Fatah, campe quant à lui sur son refus de dialoguer avec le Hamas s'il ne se plie pas à ses conditions.

"Notre administration à Gaza est temporaire", a déclaré mercredi soir Ismaïl Haniyeh, l'un des principaux dirigeants du Hamas et chef du gouvernement dominé par les islamistes limogé en juin par M. Abbas. Il a annoncé que le dialogue avec le Fatah devrait reprendre "après l'Aïd el-Fitr", la fête qui clôt le mois de jeûne musulman du ramadan vendredi ou samedi, dans un pays arabe qu'il n'a pas nommé.

Si le Hamas a multiplié les appels au dialogue avec le Fatah depuis son coup de force à Gaza à la mi-juin, c'est la première fois que le mouvement islamiste, envisage de desserrer son emprise sur le pouvoir. Le Hamas s'en était emparé après avoir défait les services de sécurité fidèles à M. Abbas, à l'issue d'une semaine de violents combats ayant fait plus de 110 morts. Cette ouverture du Hamas survient au moment ou le groupe islamiste, bien que régnant en maître dans une Bande de Gaza coupée du reste du monde, doit faire face à un boycottage international, des sanctions économiques et des menaces israéliennes de lancer une offensive dans le territoire.

"Le Hamas et le gouvernement (limogé) ont une sincère volonté de faire réussir le dialogue", a affirmé jeudi le porte-parole de M. Haniyeh, Taher al Nounou. Interrogé si le Hamas était prêt à accepter un retour à la situation d'avant son coup de force, il a répondu : "Tout est ouvert à la discussion".

Moment inopportun

Le Fatah de Mahmoud Abbas a rejeté jeudi l'offre de dialogue du Hamas. "Ce qui s'est produit à Gaza relève du coup d'Etat militaire contre la légitimité et la démocratie. S'ils font marche arrière, nous pourrons parler; pour le moment, nous ne pouvons pas", a déclaré Abdallah Franji, membre du comité central de la formation et proche d'Abbas.

De plus, Washington et Israël, qui considèrent le Hamas comme une organisation terroriste, verraient d'un mauvais oeil tout rapprochement entre M. Abbas et le Hamas, surtout au moment où Israéliens et Palestiniens tentent d'avancer vers un règlement de leur conflit en vue d'une réunion internationale de paix prévue en novembre aux Etats-Unis. "Ramener dans l'équation le Hamas, qui est opposé à la paix et à la réconciliation, ne fera que saboter les progrès déjà réalisés", a ainsi affirmé le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Marc Regev. (D'après AFP et Reuters)

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